THE RIOT CLUB – 11/20

The Riot ClubRéalisé par Lone Scherfig
Avec Sam Claflin, Max Irons, Douglas Booth

Synopsis : Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis 3 siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie…

Avis : Il y a toujours quelque chose de fascinant à pénétrer dans les arcanes des élites, celles qui ont le pouvoir et l’argent, leur fonctionnement, leurs lois, leurs règles. En cela, the Riot Club offre une lecture ludique et bon enfant d’une société plus ou moins secrète avec l’hédonisme comme seule ligne de conduite. Enfin bon enfant, dans un premier temps du moins… Dans sa première partie en effet, on suit avec amusement et un brin d’envie, avouons-le, le processus de recrutement de ce club si privé, le folklore et les légendes qui l’entourent, et on se prend même de sympathie pour ces petits cons nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Jusqu’à ce qu’à l’occasion d’un dîner d’initiation qui doit matérialiser tous les excès et l’absence de limite du groupe, la face sombre et odieuse de ses membres n’apparaisse au grand jour et que ce qui s’apparente à un bizutage en mode premium ne dérape dans l’obscène et le monstrueux. Malheureusement, il n’y a pas que la situation qui dérape, le film aussi. Le repas est interminable, les scènes répétitives, le scénario vire à l’absurde et s’enlise dans une surenchère peu crédible si tant est qu’on accorde aux protagonistes un minimum d’intelligence au-delà de leur vanité et de leur prétention. Le personnage du novice, interprété par le très fade Sam Claflin, est particulièrement forcé et exagérément détestable. La thèse de la brebis galeuse est intéressante, mais de là à priver les autres de tout libre arbitre… Sans doute l’intrigue aurait gagné à s’étendre un peu plus dans le temps, afin de jouer sur les ressorts du vers qui s’immisce doucement dans la pomme et gâte le fruit, plutôt que de jouer sur une brutalité soudaine et artificielle.
Au final, la réalisatrice ne fait qu’effleurer son sujet, et en élude rapidement toute la dimension sociale, corporatiste et politique.
Dommage, parce qu’elle avait prouvé avec Une éducation que sa jolie mise en scène empreinte de classicisme pouvait se révéler très efficace pour dénoncer l’archaïsme de certaines coutumes et les dégâts que pouvait causer certaines pensées rétrogrades, en particulier dans un pays aussi marqué par les traditions que l’Angleterre.

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