MUNICH – 8/10

 
Synopsis : Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l’organisation palestinienne Septembre Noir s’introduit dans le Village Olympique, force l’entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme.
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d’otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d’une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l’attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l’ombre…
 

Avis : On pourrait parler de la constance du réalisateur… Quoiqu’il touche, Spielberg réussit. Et avec Munich, il n’a pas choisit le sujet le plus facile à aborder en tant que réalisateur juif américain. Evitant tout manichéisme et tout parti pris, Spielberg expose l’absurdité de la violence engendrée par le sentiment de vengeance. Le sang appelle le sang, œil pour œil, dent pour dent. Il illustre parfaitement le propos que beaucoup de films sur le conflit Israélo-palestinien mettent en lumière. Chaque camp est persuadé d’être dans son droit, d’être la victime et campe irrémédiablement sur ses positions, rendant toute négociation, tout règlement du conflit impossible. Ce qui était le cas il y a trente ans n’a pas beaucoup changé depuis.

Mais Spielberg n’oublie pas non plus de réaliser un grand film, avec maîtrise et brio, rendant parfaitement l’atmosphère seventies, avec une image à l’esthétisme saturé très travaillé.

La parti thriller est très réussie, mais les pauses plus explicatives sont toutes aussi brillantes. Je pense notamment aux scènes avec la famille française (Lonsdale, Amalric, excellents). Dans l’ensemble, les personnages sont bien campés et donne aux situations la dimension humaine chère à Spielberg.

Une réussite.

LA VERITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE – 6,5/10

Réalisé par Todd Edwards, Tony Leech, Cory Edwards   
 
Synopsis : Une petite fille avec une capuche rouge, un loup, une mère-grand, une chevillette, une bobinette, un panier avec une galette… Vous pensez connaître cette histoire ? On ne vous a pas tout dit. Toute la forêt est en émoi depuis qu’une enquête confronte tous ces personnages…
 
Avis : Sur le fond, ce film d’animation est plutôt réussi puisqu’il atteint son but, faire rire. Et l’humour y est beaucoup moins facile et évident que dans Shrek par exemple, qui se contentait de détourner les codes des contes enfantins et les films Disney sans grande finesse en utilisant des ficelles énormes et des running gags qu’on voit arriver des kms à l’avance (oui, c’est vrai, je n’aime pas Shrek). Ici, la préférence est donnée aux dialogues, souvent très bons, décalés et jouant sur le flegmatisme, parfois surprenants (Vu en VO, je ne sais pas ce que donne la traduction en VF). Le passage du bouquetin chanteur est excellent. De plus, le principe des histoires croisées fonctionne bien et donne une originalité bienvenue à l’intrigue.
Mais sur la forme, le film souffre d’une animation datant de l’âge de pierre, à des années lumière de Pixar, Fox ou Dreamworks. C’est graphiquement très, très pauvre… Dommage, ça gâche vraiment l’ensemble.

VERS LE SUD – 4,5/10

 
Synopsis : Une plage, un hôtel, ses paillottes, ses cocotiers. Une bande de jeunes garçons qui échangent leurs charmes et leur tendresse contre quelques faveurs. Deux Américaines d’une cinquantaine d’années en mal de tendresse et de sexe et Legba, 18 ans tout au plus, beau comme un dieu, qu’elles viennent retrouver là chaque année et qui va bouleverser leur vie.
 
Avis : Un film bien plat et bavard, et qui plus est, filmé avec une grande banalité, qui suscite au mieux l’indifférence, au pire l’ennui. Le jeu des acteurs est trop inégal pour que le film tienne près de 2 heures. En revanche, il est plutôt agréable de voir Charlotte Rampling dans un rôle léger et dilletante.

ORGUEIL ET PREJUGES – 6,5/10

 
 
Synopsis : Dans un petit village d’Angleterre, sous le règne de George III, Mrs. Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L’arrivée de nouveaux voisins, Mr. Bingley et son ami Mr. Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de coeur tumultueuses.
Cette dernière découvre l’amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s’ensuivent avant de tomber dans les bras l’un de l’autre à la grande surprise des Bennet.
 
Avis : Classique de chez classique, mais ma foi pas désagréable.  Utlisant tous les codes de la comédie romantique en costume, cette petite bleuette so britsh ne triche pas sur le contenu, décor et costume trés fidèles, dialogues efficaces et histoire(s) d’amour contrariée(s) mais-qui-finissent-bien. C’est fleur bleu à souhait, mais ça ne fait pas de mal de temps en temps, non? Sinon, Keira Knighley très bien, en revanche son prince charmant, je ne sais pas d’où  ils le sortent, mais il a le charisme d’une huitre. Et Judy Dench et Kelly Reilly en méchantes aristocrates, c’est court, mais remarquable.

LE SECRET DE BROKEBACK MOUNTAIN – 7.5/10

 
Synopsis  : Eté 1963, Wyoming.
Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain.
Isolés au milieu d’une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu’inattendue.
A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer.
Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen.
Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l’amour né à Brokeback Mountain.
 
 
Avis : A partir d’un sujet largement casse-gueule, une love story entre deux Marlboro Men, chapeau sur la tête, santiags aux pieds  et clope au bec, Ang Lee s’en sort très bien, parvenant à dégager une certaine universalité de cette histoire si particulière. Il évite la caricature, atteignant une justesse de ton qui crédibilise la force des sentiments et le poids de l’interdit. Grâce également à une sobriété bienvenue qui n’empêche en aucun cas la compréhension des parcours et des déchirements intérieurs des personnages.
Formellement, le film est une grande réussite. Les paysages du Wyoming sont remarquablement bien mis en valeur par la caméra d’Ang Lee (ou est-ce l’inverse?), et le réalisateur, saisit de beaux moments sur les visages d’acteurs habités, filmés au plus près. L’interprétation est par ailleurs le gros plus du film. Heath Ledger est impressionnant de véracité, incarnant avec une incroyable justesse les tourments et les frustations de Ennis, sans jamais surjouer. Autre mention pour Michelle Williams (sa femme à la vie comme à la scène), en femme trompée et déboussolée.
Un bémol tout de même. Le film s’étire sur 20 ans, et prend parfois un ryhtme un peu décousu. Et puis, les deux Cow Boys ne prennent pas beaucoup de rides sur cette période. Surtout Jack. Ca ne suffit quand même pas tout à fait de lui faire pousser la moustache pour lui donner 40 ans… Au delà de ça, et c’est sans aussi doute du au parti pris de retenu de Lee et à ce découpage elliptique, le propos devient un peu distant et l’émotion se perd un peu en route. Je n’en suis personnellement pas sorti bouleversé.
Sans être ,AMHA, le chef d’oeuvre annoncé un peu partout, Breakdown Mountain n’en mérite pas moins ses très bonnes critiques et reste un film remarquable, de part la sobriété avec laquelle le sujet est traité, la maitrise formelle de Lee et l’interprétation d’une rare justesse.

UN TICKET POUR L’ESPACE – 5/10

Réalisé par Eric Lartigau
 
Synopsis : Face à l’incompréhension de la population française quant au montant des crédits alloués à la recherche spatiale, le gouvernement lance une vaste opération de communication. En partenariat avec le Centre spatial français, un grand jeu est organisé.
"Le ticket pour l’espace", un jeu à gratter, va permettre à deux civils de séjourner dans la station orbitale européenne, en compagnie d’un équipage professionnel. L’opération est un immense succès. Tout se passe bien, jusqu’à ce que l’un des deux gagnants prenne la station en otage…
 
Avis : Malheureusement, quand on a vu la bande annonce, on a à peu près tout vu… Pas très drôle en vérité… Et pourtant, sans être fan, je suis assez client de l’humour regressif et absurde de Kad et Olivier. Mais alors qu’il était totalement assumé dans le plaisant Pamela Rose, il est ici masqué par une volonté de crédibilité qui entretient une réserve dommageable. En revanche, le film est très réussit esthétiquement, évitant le côté cheap à la française, d’habitude propre à ce genre de comédie, et le scénario se tient à peu près. Et pour être tout à fait honnête, Kad et Dussolier m’ont fait décrocher quelques sourires et ,j’ai compté, 1 éclat de rire. Ca reste peu.
Et puis vraiment, j’aime pas Canet (c’est totalement subjectif)

JARHEAD – 7/10

 

Synopsis : Eté 1990. Anthony Swofford, fils et petit-fils de militaires, vient tout juste de fêter son vingtième anniversaire lorsqu’il est envoyé dans le désert saoudien. La Guerre du Golfe vient d’éclater, son bataillon de Marines est parmi les premiers à se déployer dans cette aride et immense étendue de sable.
Pour ces jeunes déracinés, gavés d’images et de phraséologie guerrières, ivres de rock et de bière, commence alors la longue et dérisoire attente d’un ennemi fantôme. La soif, la peur, l’épuisement, l’ennui, les frustrations lancinantes, les tensions extrêmes s’additionnent dans un climat de plus en plus délétère et explosif. Dans cet enfer naîtront pourtant de surprenantes et inaltérables amitiés entre compagnons d’armes liés par le vieux serment des Marines.

 

Avis : Sam Mendes a indéniablement le sens de l’image. Bénéficiant d’un environnement très "cinégénique", il offre des plans à la fois forts et beaux. Ajouté à cela un montage efficace et nerveux (assez loin de l’élégance d’American Beauty ou même Les Sentiers de la Perdition) et une bande son énergique (quoiqu’un peu forte), Jarhead est à classer dans les films de guerre réussis. Surtout la première partie, où les soldats attendent de pouvoir entrer enfin en action et passent le temps comme ils peuvent. Les personnages sont remarquablement bien dessinés et servis par des dialogues cohérents (où se cotoient l’humour lourdingue et le mal du pays) qui donne un  réalisme assez juste à l’ensemble. Dommage que le film perde un peu de sa force dans un deuxième temps, paradoxalement losque les soldats doivent passer à l’action, et se laissent aller à leurs états d’âme. J’ai personellement alors un peu décroché.

En attendant Brokback Mountain, Jack Gyllenhaal confirme qu’il mérite le titre d’acteur en vogue du moment.