DARK S03 – 17/20

OFFICIAL DARK SEASON 3 POSTER! : DarK

Tu pensais être au point après avoir vu dix recaps’ des deux premières saisons et appris par cœur l’arbre généalogique de chaque famille? Tu pensais maîtriser les voyages dans le temps comme un chef?
Raté, les scénaristes rabattent les cartes pour leur final et apportent une nouvelle dimension à ce casse-tête déjà bien tordu pour nous faire chauffer encore un peu plus le cerveau. Un mille-feuille temporel pourtant très digeste, saupoudré en saison trois d’une métaphore sur la Création.
Dark a construit sur 3 saisons une intrigue qui ferait passer Lost pour un puzzle de 10 pièces, mais sans jamais perdre sa cohérence (pas le moindre de ses exploits) ni jamais quitter des yeux ses personnages, les liens humains qui les unissent et l’émotion qui en découle.
Et comme la réalisation est à la hauteur de la complexité de son scénario, n’ayant rien à envier aux séries américaines les plus prestigieuses, Dark s’impose comme l’une des séries les plus ambitieuse, exigeante, fantastique (dans tous les sens du terme) et stimulante qu’il nous ait été donné de suivre.
Une très, très grande série.

Séries | KILLING EVE S03 -13,5/20 | LITTLE AMERICA – 13/20 | PARLEMENT S01 – 14/20

KILLING EVE S03 (myCanal) – 13,5/20TV trailer: Killing Eve – Season 3

Toujours aussi stylée et portée par une bande son à tomber, la Saison 3 de Killing Eve se recentre sur les 12 pour livrer une intrigue costaude. Du moins dans sa première partie, durant laquelle Eve et Villanelle reprennent leur jeu du chat et de la souris après s’être perdues de vue. Cela amène un peu de fraîcheur et une tension nouvelle au show, qui se perd malheureusement un peu dans les derniers épisodes. Entre l’enquête sur l’organisation et le rapprochement aussi bien géographique que romantique de ses deux héroïnes, les scénaristes forcent un peu le trait et tombent dans une approximation qui place cette nouvelle saison un peu en dessous des précédentes. Un peu seulement car l’humour noir, très noir qui parcoure Killing Eve et l’alchimie entre Jodie Comer et Sandrah Oh ne se démentent pas.

LITTLE AMERICA (Mini Série AppleTV+) – 13/20Coming to Little America: Kumail Nanjiani, Emily Gordon, Lee ...

Série anthologique mineure mais sympathique dont chaque épisode raconte avec bienveillance et optimisme le destin d’un immigré qui a réussi à trouver sa place aux Etats-Unis.
Des pastilles tantôt touchantes et drôles, forcément inégales mais souvent pertinentes. Un peu d’espoir et d’apaisement, c’est toujours bon à prendre dans le contexte actuel!

PARLEMENT S01 (Francetv.fr) – 14/20Parlement, la série politiquement (pas) correcte | Bande-annonce ...

Elle ne paie pas de mine, mais cette série sur les coulisses (pas très glorieuses) du Parlement Européen est vraiment amusante. Les péripéties de Samy, jeune chien fou qui découvrent la malice du jeu politique Bruxellois et l’absurdité de la bureaucratie européenne, sont savoureuses. Et comme les acteurs de toutes nationalités sont excellents et servis par des dialogues solides, les petites histoires de cette tour de Babel moderne sont vraiment très plaisants à suivre.

Séries | INSECURE S04 – 16/20 | WHAT WE DO IN THE SHADOWS – 14/20 | JEFFREY EPSTEIN – 13/20

INSECURE S04 (OCS) – 16/20 Key Art To HBO's Insecure Season 4 - Blackfilm - Black Movies ...

Insecure est toujours aussi juste et pertinente, si ce n’est plus que dans ses deux précédentes saisons. Sûre d’elle et de ses personnages, elle n’a plus besoin d’en faire trop. L’identité afro-américaine est toujours présente, cruciale, mais n’est plus le cœur d’Insecure qui se mue en grande série sur les relations amicales, l’amour, l’engagement. Sur la vie en somme. Drôle et profond.

WHAT WE DO IN THE SHADOWS S02 (Mycanal) – 14/20Amazon.com: Watch What We Do in the Shadows Season 2 | Prime Video

L’excellent faux docu sur le quotidien de Vampires en colloc à Brooklyn retrouve assez vite l’efficacité de son ton décalé et caustique en saison 2. En donnant plus d’espace à l’apprenti Guillermo et à Collin Robinson, tous deux sous-exploités en saison 1, WWDITS étend son univers tout en restant très drôle et remarquablement consistant pour une série concept.

JEFFREY EPSTEIN : FILTHY RICH (Netflix) – 13/20Watch Trailer for Jeffrey Epstein: Filthy Rich, Netflix's New ...

Une série documentaire sidérante et au contenu révoltant sur le cas Jeffrey Epstein. Reposant essentiellement sur le témoignage des ses nombreuses victimes, les 4 épisodes dissèquent cliniquement jusqu’au dégoût le système Epstein et l’impunité que le pouvoir et l’argent ont pu lui conférer. Pédophilie, proxénétisme, trafic sexuel sur mineur, les charges contre le mogul sont aussi abominables que les récits des survivantes sont horribles et éloquents. Mais le plus révoltant est le temps judiciaire, terriblement long, gangrené par la corruption du monde politique et des affaires. En cela, et malgré des longueurs, le choix de faire des allers/retours dans la timeline de l’affaire est très efficace et suggère les plus ignobles collusions dans les hautes sphère de la société américaine. Le mélange du clinquant et du sordide qui débouche, avec le suicide du milliardaire, sur de nombreuses autres questions…

Séries| AFTER LIFE – 14/20 | TALES FROM THE LOOP – 14,5/20

AFTER LIFE S01 &S02 (Netflix) – 14/20After Life (TV Series 2019– ) - IMDb

Comédie triste à l’humour désespéré de Ricky Gervais, After Life cache (très bien) son jeu sous ses airs bougons, délivrant quelque chose qui ressemble à une sorte d’espoir simple et réconfortant. L’humoriste emploie toutes les nuances de son jeu pour conférer un puissant humanisme à son personnage et par effet domino à ceux qui l’entourent. En prenant pour cadre un journal local, la série (courte) donne l’occasion de portraits souvent déchirants de solitude, mais sans jamais se moquer, avec un humour bienveillant et en essayant toujours d’y trouver une petite lumière. À voir.

TALES FROM THE LOOP S01 (Amazon Prime) – 14,5/20Tales from the Loop (TV Series 2020– ) - IMDb

Tales From the Loop raconte avec une douce mélancolie des destins qui se croisent dans une petite ville d’Amérique. On ne sait pas bien quand l’intrigue se déroule mais une mystérieuse entreprise, The Loop, y fait vivre ses habitants en menant d’étranges recherches.
Elégante et racée, la mise en scène bénéficie d’une magnifique esthétique rétro-futuriste pour narrer des chroniques SF pleine d’humanité et de poésie. La musique, superbe et planante lui donne des airs de Leftovers (le compliment n’est pas mince).
Ces contes se savourent lentement, c’est la série anti-binge watching par excellence. Cerise sur le gâteau, le dernier épisode, le plus émouvant, est réalisé par Jodie Foster.

Mini-Série | DEFENDING JACOB – 16,5/20

DEFENDING JACOB (Mini série AppleTV+) – 16,5/20Defending Jacob (TV Mini-Series 2020) - IMDb

Thriller irrespirable et grand drame familial, cruel, dur, Defending Jacob tire sa force de son sujet, évidemment inconfortable, et de son traitement, précis, direct et brillant dans sa manière de lier l’enquête et le destin de ses protagonistes. La réalisation discrète mais classieuse regarde du côté de Fincher, faisant des personnages les métronomes de l’intrigue, la découverte d’un indice ayant souvent moins de poids qu’un long regard sans équivoque entre des parents déboussolés.
Construit avec une précision redoutable, distillant le doute et l’appréhension sur son dénouement par de rares flash-forward, Defending Jacob joue sur un fil en permanence et vous tord le cerveau. Tentant fébrilement de se forger un avis au gré des révélations, le spectateur ne sait jamais trop quoi penser, ou alors jamais très longtemps.
Si la série fonctionne si bien, c’est aussi en grande partie grâce à ses acteurs exceptionnels. Michelle Dockery est phénoménale (elle peut décidément tout jouer), et forme avec Chris Evans, J.K. Simmons, Cherry Jones et le jeune Jaeden Martell qu’on avait découvert dans le fabuleux Midnight Special casting d’une rare cohérence et d’une incroyable intensité.
Immédiatement à placer parmi les meilleures nouvelles séries de l’année

Séries |Mrs.AMERICA – 15/20| RUN – 12/20

MRS. AMERICA (Mini-Série Canal) – 15/20MRS AMERICA : LA SÉRIE QUI RACONTE L'ANTI-FEMINISME DES ANNÉES 70 ...

L’histoire de la (très longue) ratification de l’amendement pour l’égalité des sexes (ERA) aux Etats-Unis dans les années 70 vue à travers le regard de sa principale opposante, l’ultra conservatrice Phyllis Schlaffy. Un point de vue intéressant qui permet de mettre en scène l’affrontement parfois brutal qu’elle mena contre les représentantes des mouvements progressistes, évitant à la série d’adopter un ton attiédi par trop de manichéisme. Mais les grandes figures féministes sont également admirablement incarnées dans un récit étiré dans le temps, qui aborde la diversité du féminisme à cette époque et sa porosité entre les différents courants politiques. Mrs America rappelle que les débats sur la ratification de l’ERA avait permis de faire émerger un mouvement féministe politisé que l’élection de Reagan a assoupi jusqu’à très récemment.
Il se passe beaucoup de choses durant ces 9 épisodes, chacun centré sur une figure du combat. La série prend de l’ampleur et gagne en intérêt à chaque chapitre. C’est passionnant. Admirablement rythmé, porté par une excellente bande son et le meilleur des musiques de l’époque, Mrs America est aussi l’occasion de brosser de superbes portraits de femmes. Le charisme de Cate Blanchet rayonne sur un casting d’actrices flamboyant. Rose Byrne, Sarah Paulson, Margo Martindale, Uzo Aduba, Elizabeth Banks… elles sont toutes formidables et sont, au-delà du témoignage historique, une excellente raison de suivre Mrs America.

RUN S01 (OCS) – 12/20 Run - Série TV 2020 - AlloCiné

Une course effrénée entre deux anciens amants qui décident d’activer un pacte secret pour se retrouver et fuir ensemble après 20 ans de séparation.
Run tient très bien ses premiers épisodes grâce à l’évidente et immédiate alchimie entre les géniaux Merritt Wever et Domhnall Gleeson. La vivacité des dialogues, l’expressivité des silences, leurs brouilles teintées de méfiance et leurs réconciliations sont absolument réjouissantes. Dommage que la fraicheur de cette comédie romantique un peu barrée s’étiole dans un scénario mal maîtrisé, prenant au milieu de la saison un tour inattendu, plus sombre et nettement moins convaincant et que l’énergie de ses acteurs peinent à maintenir en vie. « 

Séries | HOW TO GET AWAY WITH MURDER (S06) – 15 | THE SINNER (S02) -13|THE EDDY (S01) – 12

HOW TO GET AWAY WITH MURDER Season Finale (iTunes) – 15/20How to Get Away with Murder (season 5) - Wikipedia
HTGAWM réussit brillamment et quasi-miraculeusement sa sortie au regard des intrigues de plus en plus tordues que ses auteurs ont proposées au cours de ses six saisons. Tordues, mais toujours accrocheuses. Ce season finale relie les points entre eux on ne sait comment et offre à ses protagonistes de très satisfaisants et émouvants adieux. Malgré ses multiples contorsions, ses twists tantôt géniaux , tantôt tirés par les cheveux, la série a sans cesse prouvé sa capacité à se régénérer et à toujours retomber sur ses pattes. Entre soap barré et thriller juridique passionnant, HTGAWM aura surtout promu des personnages forts et passionnant, le couple Colliver bien sûr, mais surtout son héroïne, une avocate afro-américaine bisexuelle, dépressive et alcoolique, incarnée par une Viola Davis incandescente tout au long des ces 6 saisons. Elle règne en reine sur ce final comme sur la série depuis le premier épisode. Anne-Lise Keating is Queen

THE SINNER S02 (Netflix) – 13/20The Sinner: Season 2 - Rotten Tomatoes
Une série toujours aussi intrigante et twisted. La saison deux navigue entre polar, ésotérisme et démons intérieurs. Mais sa vraie valeur ajoutée est incontestablement le magnétisme de Carrie Coon, qui emporte tout.

THE EDDY (Mini-Série Netflix) – 12/20
Première incursion dans la monde des séries de la part de Damien Chazelle (Lalaland, First Man), The Eddy transpire de son amour pour la musique et pour le Jazz en particulier. Loin du Paris de carte postale, Chazelle filme la capitale avec l’urgence de ses quartiers populaires, caméra à l’épaule et plans séquences chancelants. Au cœur d’un récit un peu décousu où chaque épisode se concentre sThe Eddy (TV Series 2020) - IMDbur un personnage, un club de Jazz, The Eddy, sera l’enjeu d’n drame familial et d’une enquête policière intimement liés. Alternant passages laborieux (pas mal de coups de mou) et moments de grâce, la série a du mal à trouver le ton juste, mais finit par séduire grâce à ses personnages que le format sériel permet d’approfondir. Pas totalement raté, pas totalement convaincant.

Séries | WESTWORLD S3 (12) | MES PREMIÈRES FOIS (14) | VALIDÉ (12)

WESTWORLD S03 (OCS) – 12/20Westworld - Série TV 2016 - AlloCiné

Westworld se réinvente dans les premiers épisodes de cette nouvelle saison, plus riche, plus lisible, plus direct, mais toujours exigeante, introduisant un univers SF plus assumé et d’une indéniable richesse esthétique. On pense un peu à Blade Runner, beaucoup à Niccol (Gattaca) et Terminator. La série déploie l’amplitude de son univers, avec plus que jamais le libre arbitre comme moteur de son intrigue.
Elle faiblit cependant au fil des épisodes, moins consistante, parfois défaillante dans sa narration et introduisant de nouveaux personnages au faible background. Un grand final décevant, un peu riquiqui et pour le coup très, trop explicatif.
Mais la scène post-générique donne furieusement envie de voir la suite…

MES PREMIÈRES FOIS S01 (Netflix) – 14/20Mes premières fois Netflix série - SurNetflix.fr

Intrigué par les excellentes reviews de cette nouvelle série Netflix pour ado, je me suis laissé charmer par l’humour, l’auto-dérision et les bons sentiments de Mes Premières Fois, qui fait souvent mouche lorsqu’elle évoque les premiers émois des années lycée. Drôle et touchante, la série se démarque par l’utilisation d’une voix off wtf (McEnroe + un guest), et le regard d’une famille indo-américaine sur le pays qui les a accueilli. Grande thématique du moment, la gestion du deuil est aussi traitée assez finement. Une jolie surprise.

VALIDÉ S01 (MyCanal) – 12/20Validé - Série (2020) - SensCritique

Plutôt bien foutue pour rester accessible aux non initiés, même si ça doit aider un peu d’être sensible au rap (pour moi ça reste des mecs qui hurlent des insultes sur une boîte à rythme), Validé parvient à susciter l’intérêt grâce à son personnage principal, Apache, bien campé et attachant. Malgré les nombreux défauts de la série (montage un peu amateur, pauvreté de la réalisation, scènario naïf), on reste pour suivre son parcours et son ascension assez accrocheuse dans le milieu. Un milieu violent, machiste et ultra-codifié, dominé par les jeux d’égos, et où les manœuvres et les coups bas pour percer sont légions. Si la façon dont il est décrit est réaliste, alors il n’est pas très flatteur pour les rappeurs, qui rivalisent de bêtise crasse avec les dealers et qui ne semble connaître que la violence comme moyen d’expression.

Séries | HOLLYWOOD – 15 | LE BUREAU DES LÉGENDES S05 – 14| THE MANDALORIAN S01 – 12

HOLLYWOOD (Mini-Série Netflix) – 15/20Hollywood (TV Mini-Series 2020– ) - IMDb
Inclusif, politique, queer, racisé, ode à la tolérance flamboyante, Hollywood est un condensé de la philosophie de son auteur. Ryan Murphy y twiste l’âge d’or des grands studios en phantasmant une industrie qui aurait eu le courage du progressisme dès les années 40. Un shot d’optimiste mais toujours militant, de la part d’un showrunner qui aura fait plus qu’aucun autre pour le représentativité des minorités à la télévision (Glee, American Horrror/Crime Story, Pose, Normal Heart…). Ryan Murphy est un personnage très précieux … Dans Hollywood, il met une nouvelle fois à l’honneur,et plus que jamais, les ostracisés, le femmes, la communauté LGBT, les comédiens non blancs.
Admirablement mis en scène, Hollywood retranscrit à la fois le glamour de l’époque et les sales pratiques que le rapport de force entre jeunes aspirants à la gloire et puissants moguls permettaient. S’il faut un ou deux épisodes pour lancer la machine, le récit s’emballe avec trépidence pour s’achever sur un très émouvant final. Et coeur sur Patti Lupone (déjà géniale dans la saison 2 de Pose)

LE BUREAU DES LÉGENDES S05 (myCanal) – 14/20Le Bureau des légendes saison 5 : critique d'une mise à mort en ...
Elle est passée bien vite cette saison 5 du Bureau des Légendes. Plus introspective et largement consacrée à l’évolution psychologique de ses Légendes, elle met du temps à démarrer avant de trouver son rythme de croisière et de nous replonger en terrain connu, avec son lot d’action et de paranoïa. Reste l’une des meilleures series françaises malgré les deux épisodes finaux controversés réalisés par Jacques Audiard. J’ai pour ma part trouvé qu’il donnait un nouveau souffle à la série, plus cérébral et pas ininterressant.

THE MANDALORIAN S01 (Disney+) – 12/20Temuera Morrison Returning to Star Wars in The Mandalorian!
Porte étendard du tant attendu service de streaming de Disney, la série dérivée de l’univers Star Wars revient aux fondamentaux de la saga, retrouvant l’essence de ce qui construisit le mythe. De superbes décors aussi variés que les planètes que les héros visitent, un bestiaire intergalactique riche, un peu d’humour, des scènes d’action très réussie, des effets spéciaux plutôt que numérique et un excellent thème musical. C’est esthétiquement très réussi, mais ça aurait été encore mieux avec une histoire. Parce qu’au final, on s’en fout un peu….

A SECRET LOVE |LA MULE |90’s

A SECRET LOVE – 15/20
De Ryan MurphyA Secret Love : Affiche
Une délicate et déchirante histoire d’amour courant sur presque sept décennies, racontée avec le cœur et la puissance narrative de Ryan Murphy, qui se frotte au documentaire pour la première fois. Deux femmes qui ont tu leurs sentiments toute leur vie pour les protéger et qui reviennent dans ce film sur leur traversée du XXème en clandestines de l’amour.
C’est d’autant plus bouleversant que le film capte les ravages du temps et cette joie mêlée de regret de pouvoir enfin vivre leur amour en plein jour à l’aube de leur vie.
« Love is love » n’a jamais retenti aussi fort qu’avec la voix frêle d’une jeune mariée nonagenaire.

LA MULE 14/20
De Clint Eastwood
Avec Clint Eastwood, Bradley CooperLa Mule : Affiche
Rattrapage de l’avant-dernier Eastwood que j’avais raté sur grand écran. Clint se met en scène pour la première fois depuis Gran Torino, et appuie encore la force testamentaire de son œuvre à l’orée de ses 90 ans. Il interpréte un vieux monsieur ronchon et endetté qui se retrouve recruté comme passeur de drogue par la mafia locale
Déjà en froid avec sa famille, en particulier sa fille et son ex-femme qu’il a négligé toute sa vie au profit de son travail, il n’a plus grand-chose à perdre et s’investit pleinement, un peu naïvement ce qui conduit parfois à de savoureux décalage.
Mais ce road trip qui vire en thriller lorsque la DEA commence à traquer cette nouvelle mule insaisissable, va le changer bien plus qu’il n’imaginait.
Malgré son âge avancé, Eastwood fait encore preuve d’une énergie de jeune homme, à la fois taquin, grognon et émouvant. Il extrait de ce pitch simpliste et pas forcément excitant une réflexion poussée sur l’existence en elle-même, ce que notre passage sur terre aura laissé comme trace et les regrets qu’un regard en arrière peut engendrer. Comme un témoignage crépusculaire dans lequel il s’amuserait encore à brouiller son image réactionnaire par un propos souvent progressiste.
Il fait dans La Mule ce qu’il sait faire de mieux : raconter une histoire extraordinaire le plus simplement et le plus naturellement du monde. Il revient surtout à un style très épuré, allant droit au but, sans fioriture et centré sur ses personnages. La fluidité de sa mise en scène est un vrai plaisir, comme souvent au service d’un crescendo émotionnel une fois de plus très réussi.

90’S – 15/20
De Jonah Hill
Avec Sunny Suljic, Katherine Waterston, Lucas Hedges90's : Affiche
Chronique pré-adolescente puissante, 90’s frappe par son authenticité et sa maturité. Bien loin des comédies potaches qui l’ont vu commencé sa carrière de comédien, Jonah Hill fait des débuts de réalisateurs remarqués, d’une étonnante précision. Son film est une petite pépite de cinéma vérité, saisissant avec force les moments de vie d’une génération perdue, des gosses sans attaches ni réel avenir qui s’accrochent au skate et à leur bande comme à une bouée de sauvetage pour avoir la sensation d’exister. 90’s suit plus particulièrement Stevie, qui va vivre un été auprès d’un groupe de skateurs plus âgé un été d’apprentissage et d’émancipation maladroite pour échapper à un contexte familial difficile. Hill va progressivement passer de la chronique aux portraits, dévoilant les parcours touchants de ces garçons grâces à des dialogues criant de vérité pour finalement toucher au cœur.
90’s arbore aussi un style vintage très bien rendu, une image 4/3 à propos qui rappelle l’imagerie MTV de l’époque (parfaite BO à l’appui) et le néo-réalisateur fait preuve d’un sacré sens du montage.
Hill a du style.