L’ECHANGE – 8/10

Synopsis : Los Angeles, 1928. Un matin, Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Une recherche effrénée s’ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Christine le ramène chez elle mais au fond d’elle, elle sait qu’il n’est pas son fils…
 
Avis : Point de départ : Clint Eastwood est actuellement le plus grand réalisateur en activité. Voilà, les bases sont jetées. Revenons maintenant à sa dernière œuvre. Un drame intense, brillamment tenu, des premières aux dernières minutes, mais aussi un thriller  qui ne vous lâche jamais. Eastwood parvient à susciter chez le spectateur une foultitude de sentiments diverses. De l’empathie à l’écœurement en passant par la rage et la révolte. Car en racontant l’histoire de cette femme à qui l’on rend un enfant qui n’est pas le sien, il rend compte de l’incroyable corruption et de la perversité d’une police de Los Angeles totalement livrée aux ambitions personnelles. Le scénario est également habilement construit, faisait évoluer parallèlement la lutte de la mère et le destin de l’enfant. La réalisation discrète mais incroyablement maitrisée et efficace accompagne ce combat de femme magistral, sans esbroufe, mais sans complaisance. Angelina Jolie prouve au passage qu’elle vaut beaucoup mieux que le statut de « femme de », et confirme après Un cœur Invaincu, qu’elle est une grande actrice. Elle est largement à la hauteur de ce « rôle à Oscar ».

Alors oui, certains peuvent reprocher un trop grand classicisme au film. Effectivement, c’est classique. Peut-être est-ce tout simplement déjà un classique ? En tout cas, c’est du cinéma, du vrai.

STELLA – 6,5/10

Réalisé par Sylvie Verheyde

Synopsis : 1977. Stella entre en sixième, dans un grand lycée parisien.
Stella entre dans le monde…
Un nouveau monde, à l’opposé de celui qu’elle connaît.
Presque un miracle.
Elle, elle vit dans un café, un café d’ouvrier, à la frontière de Paris.
Cette rentrée va changer sa vie.

Avis  : Une chronique pré-adolescente d’une rare vérité et d’une profonde justesse. Le côté autobiographique n’y ait évidemment pas étranger, mais la réalisatrice a su trouver des interprètes remarquables et plus vrais que nature. Mention spéciale au couple de parents, et notamment Benjamin Biolay, la vraie révélation du film. Un regard touchant et épatant sur une jeune fille qui s’éveille à des envies d’autre chose, d’un autre monde.

LA TRES TRES GRANDE ENTREPRISE – 6,5/10

 

 
Synopsis : D’un côté, Naterris, très très grande multinationale d’agro-chimie, 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De l’autre, Zaccharias, Mélanie, Denis et Kevin, ostréiculteur, aide-comptable, restaurateur, ouvrier… Des gens normaux, quoi.
Au milieu, un étang pollué par Naterris, dont nos gens normaux sont riverains. Après deux ans d’une âpre procédure, Naterris est condamnée à leur verser une indemnité ridicule, à eux qui ont tout perdu.
A l’inverse des autres plaignants prêts à accepter ce maigre pourboire, ces quatre-là décident de faire appel pour que justice leur soit " vraiment " rendue. Mais pour faire appel, ils n’ont que trente jours et doivent impérativement découvrir un élément nouveau au siège de Naterris, dont l’imposant gratte-ciel domine le parvis de la Défense.
Mélanie, Zaccharias, Kevin et Denis décident donc de monter à Paris. Leur mission n’est pas impossible mais s’annonce… très, très difficile !
 
Avis : Comédie engagée, comme Jolivet à l’habitude de livrer, La Très Très Grande Entreprise n’oublie pas de nous faire rire tout en délivrant un message (assez facile, il faut l’avouer) contre le très très grand capitalisme. Mais l’alchimie entre les acteurs, un jeu et des dialogues précis et souvent savoureux font passer un très très agréable moment. Dommage que le scènario ait un peu de mal à conclure l’affaire, visiblement embarrassé par les invraisemblances que les situations préalables ont amenées.

MENSONGES D’ETAT – 6,5/10

 

Synopsis : Ancien journaliste blessé pendant la guerre en Irak, Roger Ferris est recruté par la CIA pour traquer un terroriste basé en Jordanie. Afin d’infiltrer son réseau, Ferris devra s’assurer le soutien du très roué vétéran de la CIA Ed Hoffman et du chef des renseignements jordaniens, peut-être trop serviable pour être honnête. Bien que ces deux là soient censés être ses alliés, Ferris s’interroge : jusqu’où peut-il leur faire confiance sans mettre toute son opération – et sa vie – en danger ?
 
Avis : Réalisateur eclectique pouvant passer d’un genre à un autre avec une épatante facililité, Ridley Scott s’attaque avec mensonges d’Etat au polar politique teinté d’espionnage. Comme toujours, c’est rudement bien foutu et diablement efficace. Le scénario est solide, sophistiqué sans être imbitable, pas démago pour un sou et rend compte avec une lucidité bienvenu du bourbier dans lequel les Etats-Unis se sont englués au Moyen-Orient. Ajouter à cela une interprétation au poil (avec Di Caprio et Crow, on ne prend pas trop de riques remarquez) et une réalisation très propre, et voici un divertissement haut de gamme et intelligent . C’est pas si fréquent à Hollywood…
Seulement voilà, il manque un petit quelque chose, un je ne sais quoi comme un supplément d’âme pour que ce Mensonges d’Etat atteigne le statut de Grand film (comme j’estime être American Gangster, le précédent film de Scott).Mais il reste un très bon film.

BOUQUET FINAL – 6/10

Réalisé par Michel Delgado

 
Synopsis : Recruté comme directeur commercial Paris d’une entreprise américaine de pompes funèbres, Gabriel part trois mois en stage sur le terrain aux côtés de Gervais Bron, quinze ans de métier. Il parvient à dissimuler son nouveau job à ses parents et à son amoureuse, Claire, qui voient en lui un grand musicien, jusqu’au jour où il vend des obsèques à prix d’or à un vieux monsieur qui n’est autre que le grand-père de Claire…
 
Avis : J’avoue être aller voir Bouquet Final légérement (le mot est faible) sceptique, craignant la daube franchouillarde lourdingue (mais Bourdon est un peu ma petite faiblesse humoristique, quoiqu’il fasse, il me faire rire…). Et bien c’est une bonne surprise. Si le film n’échappe pas à pas mal de moments creux et à une bonne dose de bons sentiments, un humour noir presque macabre le différencie de la plupart des comédies françaises. Donc c’est parfois très drôle, Bourdon portant cependant le poids comique du film sur ces (solides) épaule. Le jeune Grondin (CRAZY) est un peu moins convaincant dans la comédie pure mais compense par un charme qui rend crédible sa bluette avec Bérénice Béjo (très bien, très charmante également). Et dans le rôle de la bonne copine célibataire, ça fait plaisir de voir notre Reine Guenièvre dans un autre Univers que Kaamelott.
Et puis je sais pas où ils sont aller chercher cette bande-originale pop rock, mais c’est une très très bonne initiative, pas courante dans le genre.
 
 

QUANTUM OF SOLACE – 6/10

 
Synopsis : Même s’il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l’organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu’ils avaient imaginé…
Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d’affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d’une mission qui l’entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l’une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l’organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique…
Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu’il s’approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l’avance sur la CIA, les terroristes, et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l’organisation…
 
Avis : Quantum of solace confirme la veine plus sombre, plus brute (et brutale) de la franchise 007 amorcée dans Casino Royale. Marc Foster, à qui l’on doit des mélo réussis (Monster’s ball, Neverland), ne s’encombre pourtant pas de sentiments ici, et livre un thriller survitaminé et pétaradant. Alors on reste un peu sur notre faim quand à la complexité du personnage Bond, pourtant point fort de Casino Royale, et on se contente donc de savourer des scènes d’action incroyables et diablement efficaces dans des décors magnifiques. Si le scénario est un peu décevant, il nous offre cependant une prestation réjouissante de Amalric en méchant ambigu. Et y’a pas à dire, il a quand même la classe en James Bond, Daniel Craig…

THE VISITOR – 7/10

Réalisé par Thomas McCarthy

Synopsis : Professeur d’économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l’enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès…
Lorsque l’Université l’envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu’un jeune couple s’est installé dans l’appartement qu’il possède là-bas : victimes d’une escroquerie immobilière, Tarek, d’origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise Zainab n’ont nulle part ailleurs où aller. D’abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.
Touché par sa gentillesse, Tarek, musicien doué, insiste pour lui apprendre à jouer du djembe. Peu à peu, Walter retrouve une certaine joie de vivre et découvre le milieu des clubs de jazz et des passionnés de percussions. Tandis que les deux hommes deviennent amis, les différences d’âge, de culture et de caractère s’estompent.
Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d’expulsion, Walter n’a d’autre choix que de tout mettre en oeuvre pour venir en aide à son ami…

Avis : Un film subtil et délicat, d’une grande justesse, bâti à partir d’un point de départ simple, la rencontre entre Walter, un viel homme sans vie ni envie depuis la mort de sa femme et Tarek un clandestin syrien joyeux et passionné de musique.
Le réalisateur procéde à un  mise en place particuliérement habile, affrontant l’entousiasthme du jeune homme, la défiance initiale de sa petite amie pour le vieil homme et le ragain quasi inespéré de sens dans la vie de Walter. Le film gagne en intensité lorsque Tarek est arrêté et enfermé dans un centre de détention. L’histoire d’amitié se met progressivement en place, par petites touches, humblement, et atteint une vérité rare. Le film denonce au passage et forcément le "rêve" américain brisé par le 11 septembe, sans jamais être démagogique. Le scénario traite alors avec beaucoup de pudeur et de finesse des thèmes de l’acceptation de l’autre et de la tolérance, avec en filigrane la construction d’une tendre relation entr la mère de Tarek (formidable Hiam Abbass) et Walter.
A découvrir.