LE REFUGE – 6/10

 

Le Refuge

 
Synopsis : Mousse et Louis sont jeunes, beaux et riches, ils s’aiment. Mais la drogue a envahi toute leur vie. Un jour, c’est l’overdose et Louis meurt. Mousse survit, mais elle apprend qu’elle est enceinte. Perdue, elle s’enfuit dans une maison loin de Paris. Quelques mois plus tard, le frère de Louis la rejoint dans son refuge.
 
Avis : Après l’intrigant et très réussi Ricky, Ozon continue d’enrichir sa filmographie et poursuit dans une voie plus classique, presque anecdotique. En accompagnant l’exil de cette héroïnomane enceinte de son amant défunt, il offre un portrait de femme touchant, incarné parfaitement par Isabelle Carré. Le personnage du frère est moins convaincant en revanche, sans doute parce la relation qu’il a pu avoir avec son frère est moins exposée, plus pudique sans doute aussi, ce qui l’exclu un peu de ce récit finalement assez dépouillé.

COMPLICES – 6,5/10

 

Complices

 
Synopsis : Dès leur premier regard échangé dans un cybercafé, Vincent et Rebecca se sont aimés. Ils sont jeunes, à peine 18 ans, et regardent la vie avec insouciance.
Pourtant, deux mois plus tard, le corps de Vincent est retrouvé dans le Rhône et Rebecca a disparu.
L’inspecteur Hervé Cagan et sa coéquipière Karine Mangin sont chargés de l’enquête. Alors qu’ils remontent le fil de l’histoire d’amour qui liait à la vie à la mort Vincent et Rebecca, Hervé et Karine se retrouvent confrontés aux failles de leurs propres vies…
 
Avis : Sobre, parfois cru, Complices est une réussite qui doit son intérêt à deux atouts majeurs. Premièrement sa construction binaire habile et maitrisée qui suit à la fois l’enquête et l’histoire des deux jeunes avant le meurtre. Sans effet superflu, un peu à l’image du Petit Lieutenant de Beauvois, le résultat est très convainquant, traduisant  le côté glauque de  l’enquête mais aussi du quotidien de prostitué de la jeune victime. Le second atout du film est son interprétation et les couples, naturels et crédibles, que forment Melki et Devos d’un côté, et les jeunes et très talentueux Nina Meurisse et Cyril Descours de l’autre. Leur complicité à l’écran et leur charisme font beaucoup pour la crédibilité du récit, malgré un dénouement plus proche de Julie Lescault que d’Usual Suspect.

SHERLOCK HOLMES – 6/10

 

Sherlock Holmes

 
Synopsis :Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes… Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l’intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils. Ses armes : un sens aigu de l’observation et de la déduction, une érudition et une curiosité tous azimuts; accessoirement, une droite redoutable…
Mais une menace sans précédent plane aujourd’hui sur Londres – et c’est exactement le genre de challenge dont notre homme a besoin pour ne pas sombrer dans l’ennui et la mélancolie.
Après qu’une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l’approche de son éxécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu’il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances.
La panique s’empare de la ville après l’apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes…
 
Avis : Un divertissement tonique, musclé et plutôt amusant, le « reboot » Sherlock Homes remplit son contrat. Intrigue simple, scènes d’action efficace, jolie répartie dans les dialogues et trio de charme pour présenter le tout.
On l’oublie aussitôt après l’avoir vu, mais en ayant passé un bon moment.
On pourra regretter une réécriture assez terre à terre des personnages de Holmes et Watson, qui ne cherche pas vraiment à étudier la complexité des personnages, ce qui n’est de toute façon visiblement pas l’objectif premier de Ritchie.

GAINSBOURG, VIE HEROIQUE – 5,5/10

 

Gainsbourg - (vie héroïque)

 
Synopsis :La vie de Gainsbourg, du jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 1940, jusqu’au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l’avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française. Mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.
 
Avis : En voulant détourner les codes du biopic classique et le transformer en vision fantasmée et onirique du chanteur, Sfar fait preuve d’une grande ambition. Sans doute trop grande. A vouloir passer outre les codes narratifs habituels, le réalisateur se prend les pieds dans le tapis et ne livre finalement qu’une série de vignettes sur la vie de Gainsbourg, comme si elles n’avaient aucune influence les unes sur les autres et rate l’évocation de la complexité des personnages. L’idée d’affubler le chanteur d’un double hideux pour représenter son côté sombre est simplement insupportable, et les échanges entre Gainsbourg et Gainsbar (le double donc) sonnent faux, comme malheureusement la majorité des dialogues. Il aurait également fallu une vraie direction d’acteurs pour rendre crédibles les apparitions des personnages satellites et notamment des femmes de sa vie. Ici, elles sont cantonnées à de brèves apparitions caricaturales qui ne vont pas plus loin que de l’imitation. Un petit ratage.

INVICTUS – 7/10

 

Invictus

 
Synopsis : En 1994, l’élection de Nelson Mandela consacre la fin de l’Apartheid, mais l’Afrique du Sud reste une nation profondément divisée sur le plan racial et économique. Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste équipe de rugby sud-africaine. Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995…
 
Avis : Une sorte d’état de grâce permanent. C’est ainsi qu’un critique a récemment qualifié la filmo de Eastwood de ces dernières années, formule que j’aurais bien employé moi-même… Invictus, film ample et généreux, confirme l’assertion. Le réalisateur de l’intimiste et superbe Gran Torino livre ici une œuvre certes consensuelle, mais jamais mièvre. Si certains pourront lui reprocher son excès de bons sentiments, Invictus atteint son but en s’imposant comme une ode à la fraternité intense et émouvante, saisissant ce moment historique avec acuité et magnifiée par une réalisation éblouissante. Le bientôt octogénaire a le don pour placer sa caméra où il faut, la déplacer quand il faut. Il réussit presque a rendre réaliste les matchs de rugby (le sport est par définition infilmable), ou du moins parvient-il à retranscrire avec force l’ambiance et la ferveur qui les entourent. Il excelle surtout dans la transmission des émotions qui parcourent ses personnages, le doute, la colère, l’espoir… Il est soutenu pour cela par de grands interprètes. Matt Damon, dont le jeu prend de l’ampleur à chaque film, et Morgan Freeman, incarnation humaine et brillante d’un mythe vivant.
Alors certes, le tout est sans doute un peu idéalisé, et on peut douter que le pays se soit fédéré à ce point et si vite derrière son équipe, mais le message général passe, et le spectateur est conquis par ce grand film à la beauté classique et à l’émotion simple

UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES – 5/10

 

Une petite zone de turbulences

 
Synopsis : Jean-Pierre, récemment retraité, est hypocondriaque…
Anne, sa femme, le trompe avec un ancien collègue de bureau…
Sa fille Cathie, divorcée et mère d’un petit garçon de cinq ans, vie avec Philippe, un " brave " garçon, que Mathieu, le frère homo de Cathie, appelle " Bac moins six "…
Quand JP découvre une petite tâche sur sa peau au niveau de sa hanche droite, que Cathie lui annonce qu’elle épouse " Bac moins six ", que Mathieu se fait larguer parce qu’il hésite à inviter son amant au mariage de sa soeur et que JP apprend fortuitement que sa femme le trompe, l’équilibre familial implose.
Disputes, règlements de comptes, insultes … JP, Anne, Cathie, Mathieu et Philippe ne s’épargnent rien !
Et traversent, ensemble, une petite zone de turbulence…
 
Avis : Confirmation : le label des spectateurs UGC est une arnaque quand il s’agit de « labéliser » des films produits par UGC. Pourtant, j’avais bon espoir d’une comédie haut de gamme aux dialogues incisifs, aux situations mordantes et au ton impertinent (comme on nous le vend en masse dans les journaux). Malheureusement, quasiment toutes les répliques bien senties sont dans la bande-annonce, les rythme est plat, les personnages déjà vus tellement de fois, le scénario sans aucune originalité et les intrigues ultra-prévisibles. Et un style d’une banalité décevante de la part de Lot, dont La Chambre des Morts avait certes des défauts, mais démontrait une vraie personnalité.
Reste les sympatiques retrouvailles entre Miou-Miou et Michel Blanc.

ADAM – 6,5/10

 

Adam

 
Synopsis : Adam, jeune homme brillant, passionné d’astronomie mais atteint d’une forme légère d’autisme, mène une existence réglée dans les moindres détails, jusqu’à la mort de son père avec qui il vivait. Alors qu’il essaye de s’adapter à sa nouvelle existence, Adam fait la connaissance de la jolie Beth qui vient d’emménager dans l’appartement voisin. C’est le premier d’une série de bouleversements qui vont changer son monde…
 
Avis : Petit film US indépendant sans prétention, Adam touche là où ça fait du bien, au cœur. Avec une certaine naïveté, certes, mais comme elle s’accompagne d’une simplicité et d’une sincérité pas si fréquente, impossible de rester de marbre. Le duo d’acteurs est très convaincant, bourré de charme. Pas forcément surprenant pour Rose Byrne, géniale dans la série Damages face à Glenn Close, qui confirme ici l’étendue de son discret talent. Quand à Hugh Dancy, il compose avec subtilité son personnage atteint du syndrome d’Asperger.
Une jolie surprise.