BRUNO – 6/10

 

Brüno

 
Synopsis : Les aventures du personnage de Bruno, un homosexuel autrichien, roi de la mode créé par Sacha Baron Cohen pour son émission de télévision Da Ali G Show.
 
Avis : En allant encore plus loin dans la provocation qu’avec Borat dans Borat, Sacha Baron Cohen endosse le costume de son 3ème personnage fétiche après le rappeur Ali G et le journaliste Kazakh. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il va loin, très loin. Trop loin ? Sans doute un peu. C’est toujours aussi drôle, certains passages sont réellement hilarants (ou effrayants) et le sens inné de l’improvisation de l’acteur est intact, mais à trop en faire, ça devient parfois un peu lassant et finalement dessert la démarche générale, en faire un révélateur de la bêtise humaine. Contrairement à Borat, le vrai et le faux se marient moins bien, et quelques passages sont vraiment poussifs.
Borat puisait aussi sa force dans la confrontation brutale de l’américain moyen  avec son racisme et sa xénophobie primaire via des scènes souvent absurdes d’autant plus fortes qu’elles étaient rarement violentes. Bruno semble parfois plus forcé, recourant plus fréquemment à la provoc gratuite et moins efficace dans sa dénonciation de l’homophobie par exemple.
Procédé un peu usé certes, d’une vulgarité assez poussé, il faut le reconnaître. Oui, mais on se marre quand même beaucoup…
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BANCS PUBLICS – 6/10

Réalisé par Bruno Podalydès
Avec Le Cinéma Français…
 

Bancs publics (Versailles rive droite)

 
Synopsis : Lucie arrive à son bureau et découvre, accrochée sous une fenêtre de l’immeuble d’en face, une banderole noire avec écrit : "HOMME SEUL".
Est-ce un gag, un cri du coeur, un appel au secours ? Lucie et ses deux collègues s’interrogent et décident de mener leur enquête… A midi, elles pique-niquent à côté, au "SQUARE DES FRANCINE". Là, les amoureux graves, les solitaires enjoués, joueurs de tous âges, tournent autour du joyeux jet d’eau.
La ronde continue en face, au magasin "BRICO-DREAM" où, sous les conseils plus ou moins compétents d’une équipe de vendeurs en sur-effectif, les clients calculent, échafaudent, tendus, angoissés, ayant peur de repartir avec des étagères trop courtes, des vis trop longues… A la fin du jour, aurons-nous croisé l"’homme seul" parmi la multitude de ces personnages affairés ?
 
Avis : Une comédie chorale qui alterne jolis moments de poésie et instants burlesques parfois savoureux. Chacun des acteurs de cette impressionnante gallerie de personnages est à sa place et joue sa partition avec sobriété. Inégal, un peu redondant, mais dans l’ensemble plaisant.

HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MELE – 6,5/10

 
Harry Potter et le Prince de sang mêlé
 
Synopsis : L’étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l’univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d’être un havre de paix, le danger rode au coeur du château… Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu’il croit en possession d’informations vitales sur le jeune Voldemort. Mais un autre "mal" hante cette année les étudiants : le démon de l’adolescence ! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas ; Lavande Brown a jeté son dévolu sur Ron, mais oublié le pouvoir "magique" des chocolats de Romilda Vane ; Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille. L’amour est dans tous les coeurs – sauf un. Car un étudiant reste étrangement sourd à son appel. Dans l’ombre, il poursuit avec acharnement un but aussi mystérieux qu’inquiétant… jusqu’à l’inévitable tragédie qui bouleversera à jamais Poudlard…
 
Avis : Une narration fluide, des effets spéciaux bien intégrés à une réalisation finalement relativement sobre et réaliste pour le genre (cf l’ouverture dans le Londres des Moldus), Yates s’est définitvement approprié l’univers Potterien, après le mitigé Ordre du Phénix. POur ce 6ème opus, il alterne brillament scènes intimistes et scènes d’action. Les premières sont souvent drôles, faisant parfois pencher le film ves le teen movie potache, le réalisateur étant aidé par la maturité désormais affichée par les trois protagonistes principaux. Radcliffe est même particulièrement convaincant, entre ebriété et euphorie, lorsqu’il ingère la potion de chance. Les secondes sont toujours impressionnantes, mais ne sombrent pas dans un superflux souvent lassant.
Faire tenir les 700 pages d’un chapitre de harry Potter en 2h30 est toujours une gageure. Yates et ses scénaristes parviennent ici à rendre les elipses compréhensibles et à garder la cohérence et l’esprit du Prince de Sang-mêlé. C’est finalement une très bonne nouvelle qu’il ait gardé la main pour les deux derniers films qui clôtureront la saga.

THE READER – 6/10

The Reader

 
Synopsis : Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.
Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu’elle éprouve lors de ce rituel tandis qu’il lui lit L’Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.
Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna… sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour…
 
Avis : Stephen Daldry est un formidable raconteur d’histoires et un incroyable générateur d’émotion. Après l’entrainant et émouvant Billy Elliot et le bouleversant The Hours, il s’attaque à l’adaptation du compliqué roman The Reader. Son talent opère franchement dans la première partie du film, disséquant avec finesse, justesse et émotion la passion abrupte et éphèmère entre cette femme sèche, directe et cet ado fougueux. Mais lorsque le film aborde l’histoire du procès de Hanna, il devient plus confus, le réalisateur butant sans doute sur sa volonté légitime de de ne jamais en faire une victime. Du coup le discours est moins net, les émotions plus retenues et presque teintées d’une certaine gêne. Certes, on ne tombe jamais dans l’empathie pour le personnage de Hanna, mais un certain malaise s’installe. Le film par prudence prend forcément plus de distance et les personnages, l’histoire deviennent plus flous.
Kate Winslet est effectivement habitée par le rôle, mais aurait sans doute davantage mérité la statuette pour sa prestation autrement plus subtile et puissante dans Revolutionary Road. Le maquillage sans doute…

PUBLIC ENEMIES – 6,5/10

Synopsis : Basé sur l’histoire vraie de John Dillinger, un braqueur de banque hors pair qui a sévi à de nombreuses reprises dans l’Amérique des années 30. Avancé comme "l’ennemi public numéro 1" par le patron du FBI, John Edgar Hoover, Dillinger sera traqué sans relache par Melvin Purvis, l’un des agents fédéraux des plus efficaces.
 
Avis : Public Enemies a sans doute les défauts de ses qualités. Très travaillé, bénéficiant d’une reconstitution minutieuse et assez impressionnante des Etats-Unis de l’entre-deux guerres, que ce soit au niveau des décors, de l’image ou du son, il souffre parfois d’un manque de rythme à certains moments et d’une mise en scène un peu confuse parfois. C’est sans doute voulu pour ajouter au réalisme cher à Mann, mais  a pour conséquence de perdre un peu ses spectateurs. Le réalisateur aurait facilement pu gagner 20 minutes au montage.
Reste que malgré une intrigue pas forcément très puissante, la force des personnages, l’esthétisme de l’ensemble, l’énergie et le savoir-faire de Mann suffisent à lui garantir suffisamment de qualités pour en faire une réussite, un peu à l’image de Road to Perdition de Mendes.
Public Ennemies brille aussi par un casting chic et choc. Depp, entouré des impeccables Bale et Billy Crudup, confirme qu’il fait décidemment rarement les mauvais choix. Et Marion Cotillard en impose drôlement dans son premier vrai rôle Hollywoodien (si on met de côté Big Fish) . Avec une aisance et une justesse étonnante, elle crève l’écran dans les quelques scènes qui lui sont données de jouer. Nul doute qu’elle aura tapé dans l’œil de nombreux réalisateurs US (et sans maquillage cette fois…). On a hâte de la voir dans Nine de Rob Marshall, entourée de Kidman, Cruz, Loren…

L’AGE DE GLACE 3 – 3/10

Réalisé par Carlos Saldahna

L'Age de glace 3 - Le Temps des dinosaures

Synopsis : Les héros de L’Age de glace sont de retour pour une nouvelle aventure , où une maladresse de Sid le paresseux va les propulser au coeur d’un monde étrange perdu sous la glace, et peuplé de dinosaures !

Avis : Scénario indigent, gags éculés, situations prévisibles, dialogues affligeants, personnages insipides… Et qui plus est avec une animation poussive, qui tend à penser que Fox a repris un wagon de retard sur Dreamworks (je ne parle même pas de Pixar, ça ne joue pas dans la même cour…). Est-ce que faire des films pour des enfants veut nécessairement dire qu’il faut les prendre pour des cons?
Pénible, vraiment…

WHATEVER WORKS – 7/10

Réalisé par Woody Allen

Whatever Works

Synopsis : Boris Yellnikoff est un génie de la physique qui a raté son mariage, son prix Nobel et même son suicide. Désormais, ce brillant misanthrope vit seul, jusqu’au soir où une jeune fugueuse, Melody, se retrouve affamée et transie de froid devant sa porte. Boris lui accorde l’asile pour quelques nuits. Rapidement, Melody s’installe. Les commentaires cyniques de Boris n’entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter. Malgré son esprit supérieur, Boris finit par apprécier la compagnie de cette simple jeune femme et contre toute attente, ils vont même jusqu’à se marier, trouvant chacun leur équilibre dans la différence de l’autre.
Un an plus tard, leur bonheur est troublé par l’arrivée soudaine de la mère de Melody, Marietta. Celle-ci a fui son mari, qui l’a trompée avec sa meilleure amie. Découvrant que sa fille est non seulement mariée, mais que son époux est un vieil excentrique bien plus âgé qu’elle, Marietta s’évanouit. Pour détendre l’atmosphère, Boris emmène Melody et sa mère au restaurant avec un ami, Leo Brockman…

 
Avis : Pour son retour à New York après une escapade des 4 tournages en Europe, Woody Allen signe un film drôle, vif et intelligent. En guise de fil rouge, une partie de ping-pong verbal incongrue entre un misanthrope génie autoproclamé et une ravissante idiote (surprenante et rafraîchissante Rachel Wood). Les répliques fusent (parfois adressées aux spectateurs directement), les scènes s’enchaînent et le rythme reste aussi soutenu quand dans les meilleures sitcoms US.
De plus Whatever Works est aussi une savoureuse réflexion sur le destin, la chance, celle qui nous tombe dessus et celle qu’on provoque. Allen aborde de manière légère mais très juste les rapports amoureux et la réalisation personnelle, grâce a des personnages secondaires denses et très réussis.
Hormis la parenthèse Match Point, Woody n’avait pas été aussi inspiré depuis très longtemps et redevient la référence comique qu’il avait un peu cessé de représenter.