LE ROI LION 2019 – 08/20

Le Roi Lion : AfficheDe Jon Favreau

Chronique : Oui, le bond technologique est immense et inédit, le photo-réalisme bluffant. Il y aura définitivement un avant et un après Le Roi Lion 2019 dans le monde de l’animation.
Mais on est en droit de se demander si cette percée technique fait de cette nouvelle version un meilleur film que le classique de 1994. Est-ce que ça en fait seulement un bon film tout court ?
La réponse est dans la question. Une fois que l’on s’est extasié devant l’incroyable rendu des images (que l’on pouvait déjà observer dans les nombreuses bandes-annonces), on constate que tout ce qui concourait à faire du dessin animé original l’un des (si ce n’est LE) Disney les plus apprécié s’évapore.
Le lifting esthétique a le même effet catastrophique que pour les actrices hollywoodiennes : des expressions figées, aucune intention, c’est lisse et par moment perturbant.
A vouloir pousser le réalisme à l’extrême, Disney tue le romantisme et paradoxalement déshumanise son chef d’œuvre. Avec sa transition numérique, Le Roi Lion perd ses personnages en route, faute de pouvoir reproduire les mimiques et les mouvements que l’animation traditionnelle permettait.
On ne retrouve ni l’imposant charisme de Mufasa, ni la malice et la mignoneté de Simba, Scar est dépossédé de son cynisme et de ses sarcasmes, les hyènes de leur singularité, l’humour de Timon et Pumba est réduit à la portion congrue et Zazu n’a plus le flegme britannique qui pimentait son duo avec Simba.
Difficile dans ces cas-là de retrouver la fluidité et le rythme qu’autorisait la 2D. C’est surtout flagrant dans les numéros musicaux, qui souffrent cruellement de la comparaison face à la créativité bouillonnante du dessin animé d’antan. Dans l’obligation de simplifier à l’extrême pour répondre aux exigences de réalisme, Favreau n’a d’autre choix que de sacrifier les morceaux anthologiques (et donc les plus attendus). Le feu d’artifice I can’t wait to be king se limite à une course de Simba et Nala entre les pattes des autres animaux, Hakuna Matata est d’une fadeur bien triste et Be prepared est scandaleusement charcuté (mais où sont passés les chœurs des hyènes ?!) et perd tout son sens en éliminant l’imagerie totalitaire.
Comble du cynisme, Disney capitalise sur le casting de Beyonce en lui offrant une chanson originale odieuse qui n’a rien à faire là, juste après que la chanteuse ait massacré Can’t you feel the love tonight à force de vibes totalement inadéquats. Ce sera d’ailleurs l’unique moment ou le script s’éloignera un tant soit peu de l’original. C’est un gros fail.
Avec le Roi Lion, Disney touche les limites du reboot de ses classiques en live action. A privilégier la machine à cash, le studio prend le risque d’altérer son exceptionnel patrimoine.
Certes, il s’agira sans doute d’un des plus gros succès de tous les temps au box-office, et le studio aurait tort de s’en priver. Mais à quel prix ?
L’émotion et la magie semble avoir quitté la pourtant si belle histoire du cycle de la vie… Plus qu’une déception, un crève-cœur… dont on se consolera en revisionnant l’original (pour la 50ème fois).

Synopsis : Au fond de la savane africaine, tous les animaux célèbrent la naissance de Simba, leur futur roi. Les mois passent. Simba idolâtre son père, le roi Mufasa, qui prend à cœur de lui faire comprendre les enjeux de sa royale destinée. Mais tout le monde ne semble pas de cet avis. Scar, le frère de Mufasa, l’ancien héritier du trône, a ses propres plans. La bataille pour la prise de contrôle de la Terre des Lions est ravagée par la trahison, la tragédie et le drame, ce qui finit par entraîner l’exil de Simba. Avec l’aide de deux nouveaux amis, Timon et Pumbaa, le jeune lion va devoir trouver comment grandir et reprendre ce qui lui revient de droit…

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YESTERDAY – 12,5/20

Yesterday : AfficheDe Danny Boyle
Avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran

Chronique : Drôle d’attelage que cette association entre Danny Boyle et Richard Curtis, entre le frénétique réalisateur et le pape de la romcom britannique. Mais après tout, Boyle n’avait-il pas su parfaitement capter et rendre grâce à l’écriture de Aaron Sorkin en travaillant sur le biopic Steve Jobs ?
Certes, le concept fonctionne, et très bien, mais ce n’est cependant pas grâce à l’originalité de la mise en scène de Boyle, étrangement sobre. S’est-il volontairement mis en retrait pour laisser la place à un déférant hommage aux Beatles ? Peut-être, toujours est-il que le résultat est très sage. Amusant. Mais très sage. L’uchronie selon laquelle les Fab Four (mais pas que) n’ont jamais existé sauf pour Jack est prétexte à des quiproquos et à des situations savoureuses et parfois touchantes. Jack fait quand même découvrir Let it be et Yesterday au monde entier pour la première fois, ce n’est pas rien ! Les réinterprétations par Himesh Patel des plus grands tubes des Beatles sont d’ailleurs très honnêtes dans l’ensemble. On apprécie aussi les clins d’oeil nombreux au mythe (personnages de chanson, lieux cultes, pochettes d’albums…). Le caméo de Ed Sheran dans son propre rôle est également sympathique.
Dommage que la bluette prenne le pas sur l’impact qu’a pu avoir le plus grand groupe de rock de l’histoire sur la pop culture. Curtis a en effet été moins inspiré que pour Love Actually, Quatre Mariage ou même Il était temps.
Yesterday tente bien une critique entendue sur les affres de la notoriété et le miroir aux alouettes que représente le show bizz, mais elle reste bien inoffensive, bien loin de la satire corrosive qu’on pouvait espérer.
Mais ça reste une très jolie et mélodique romcom. On s’en contentera bien volontiers aux premiers jours de l’été.

Synopsis : Hier tout le monde connaissait les Beatles, mais aujourd’hui seul Jack se souvient de leurs chansons. Il est sur le point de devenir extrêmement célèbre.
Jack Malik est un auteur-compositeur interprète en galère, dont les rêves sont en train de sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre, en dépit des encouragements d’Ellie, sa meilleure amie d’enfance qui n’a jamais cessé de croire en lui. Après un accident avec un bus pendant une étrange panne d’électricité, Jack se réveille dans un monde où il découvre que les Beatles n’ont jamais existé… ce qui va le mettre face à un sérieux cas de conscience.

SPIDER-MAN : FAR FROM HOME – 13,5/20

Spider-Man: Far From Home : AfficheDe Jon Watts
Avec Tom Holland, Jake Gyllenhaal, Zendaya

Chronique : Suite directe d’Avengers : Endgame, Spider-man Far From Home conclut la saga Infinity de manière rafraichissante tout en continuant à façonner sa propre identité.
Il s’appuie en effet clairement et de manière assumée sur les conséquences de l’affrontement avec Thanos. Sur le plan émotionnel, évidemment, puisque le souvenir de Tony Stark est sans cesse évoqué, mais également, et c’est plus étonnant, en l’utilisant comme ressort comique, et ce dès le générique. Le « blip » (les 5 ans qui séparent le snap du retour des disparus) permet à Watt de s’amuser avec tout ce que peut impliquer le fait qu’une partie de la population a vieilli de 5 ans alors que le reste n’a pas bougé d’un iota. On peut regretter que le scénario creuse peu l’impact psychologique de ce blip, mais le sujet ayant été largement traité dans la première partie de Endgame, on comprend que Jon Watts ait souhaité se concentrer sur le fun et la quête de l’insouciance perdue.
C’est réussi car Far From Home est un emballant teen movie, à l’instar de Homecoming mais en plus abouti. Très bien écrit et particulièrement poussé sur la caractérisation des personnages, le road trip européen fonctionne à merveille grâce à la complicité évidente entre les acteurs et une bande son rock un peu vintage percutante. Drôle et enlevée, cette partie fait la part belle au groupe d’ados et en particulier à Ned, le meilleur ami de Peter, qui se révèle clairement. Les personnages gagnent tous en relief, s’affirment dans leur réparti, renforçant la spontanéité de leurs échanges. Le réalisateur parvient à jouer sur des dynamiques fluides et naturelles entre les lycéens (Ned donc, mais aussi Flash, Betty ou Remy) mais aussi chez les adultes (Tante May/Happy – Maria Hill / Nick Fury).
L’inévitable rapprochement entre Peter et MJ ajoute un arc romantique au film, mais l’alchimie entre les deux et l’éclatant charisme de Zendaya viennent prévenir toute niaiserie.
Plus fun, plus impressionnant, plus épique que Homecoming Far From Home fait tout un petit peu mieux que son prédécesseur. Sauf peut-être la caractérisation du principal antagoniste de Spider-man. Mysterio est impeccable à l’écran, son exécution est parfois même impressionnante, mais son background et ses aspirations sont au choix brumeuses ou ridicules (on préféra le Vautour de Michael Keaton). MAIS, Marvel a eu la très bonne idée de confier le rôle à Jack Gyllenhaal qui lui donne avec ce dont il dispose, un peu de folie et beaucoup de charme, une épaisseur presque inespérée. Passant de figure paternelle à adversaire redoutable, sa relation avec Peter construit la deuxième partie du film, qui s’avère un actionner sans fausse note, à la mise en scène d’une grande lisibilité et toute tendue vers ce qui caractérise Mysterio, l’illusion, qui impacte et le scénario et la réalisation. Watts s’en empare brillamment, ce qui lui permet de signer des scènes psychotiques particulièrement réussies, notamment la «grande » scène de Mysterio, assez scotchante, et un combat final pour une fois satisfaisant.
Le duo Gyllenhaal /Holland est d’autant plus convainquant que le jeune acteur a pris de la maturité et s’empare désormais totalement du rôle.
S’il ne révolutionne pas le genre (mais quel Marvel le fait dorénavant ?), Far From fait tout très bien. Trouvant un équilibre efficace entre Teen Movie, Road Trip, Romcom et action, Jon Watts renforce l’identité des aventures du tisseur tout en donnant au MCU une conclusion légère et absolument divertissante. Tout en teasant son avenir.
Car oui, restez bien jusqu’à la fin du générique…

Synopsis : L’araignée sympa du quartier décide de rejoindre ses meilleurs amis Ned, MJ, et le reste de la bande pour des vacances en Europe. Cependant, le projet de Peter de laisser son costume de super-héros derrière lui pendant quelques semaines est rapidement compromis quand il accepte à contrecoeur d’aider Nick Fury à découvrir le mystère de plusieurs attaques de créatures, qui ravagent le continent !

TOY STORY 4 – 14/20

Toy Story 4 : AfficheDe Josh Cooley

Chronique : Ils ont refait le coup.
Pixar avait pourtant offert avec Toy Story 3 la parfaite conclusion à la saga. Intime, méta et bouleversante, elle vous laissait les yeux humides tout en plaquant un grand sourire sur les visages.
L’intérêt d’un quatrième opus semblait donc limité, pour ne pas dire nul, et pourtant…
Toy Story 4 a, comme ses prédécesseurs, un cœur énorme et peut revendiquer une certaine universalité grâce à l’expression de sentiments simples.
Si les premiers opus regardaient avec pas mal de mélancolie le temps passer, il est plus question dans cette nouvelle fable d’émancipation et de passage de témoin. Avec toujours en fond une parabole existentielle sur notre place dans le monde.
Sans surprise, l’animation est fluide et techniquement parfaite, la mise en scène fourmille d’idées géniales, tour à tour étourdissante dans la fête foraine et inquiétante dans un magasin d’antiquités, décor plutôt culotté flirtant vers l’horreur !
Mais c’est avec sa galerie de personnages si bien construite que Toy Story parvient encore une fois à nous séduire, nous amuser et nous émouvoir. En faisant d’un jouet de fortune créé par Bonnie (maintenant propriétaire de Woody et ses amis) l’enjeu central du récit, les scénaristes sortent une nouvelle fois des sentiers battus et de ce qu’on pourrait attendre d’eux et invente un personnage à la fois touchant de part son importance aux yeux de la petite fille et hilarant de part sa condition.
Il n’est pas le seul nouveau venu. D’autres jouets particulièrement bien écrits rejoignent l’aventure : une mini-figurine pearl superactive, des moutons siamois, deux peluches viriles, une poupée vintage caïd des rayons, des marionnettes creepy à souhait, un cascadeur canadien désarticulé… un régal.
Le film va à cent à l’heure et ne souffre d’aucune fausse note. Certes l’émotion gagne moins que dans le 3 (la relation entre Andy et ses jouets ayant été le fil conducteur de la saga pendant 15 ans), mais Toy Story 4 réussit quand même à faire une fin. Et une belle fin. Si Pixar s’en tient à sa nouvelle politique et ne commet plus de suite (on peut être dubitatif), alors Toy Story aura tiré sa révérence en beauté.

Synopsis : Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

LE DAIM – 12/20

Le Daim : AfficheDe Quentin Dupieux
Avec Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy

Chronique : Le Daim est complètement barré. C’est un film de Quentin Dupieux, c’est pour ça.
Décalée à souhait, absolument déroutante, cette comédie absurde pâtit cependant de son faux rythme et de l’austérité de sa mise en scène. Son univers visuel est particulièrement peu engageant. Malgré sa durée assez resserrée, Le Daim est moins tenu, moins inventif et moins drôle que Au poste, le dernier film de son réalisateur.
Ceci dit, il est assez fascinant de voir évoluer Jean Dujardin dans ce rôle de serial killer obsédée par son blouson en daim, le voir converser avec son pardessus et lui jurer qu’il en fera l’ultime blouson porté sur terre. Quitte à décimer tout ceux qui ne seraient pas torse poil. De ce postulat impossible et sanglant, Dupieux parvient à faire émerger une rencontre. Ce n’est pas rien.

Synopsis : Georges, 44 ans, et son blouson, 100% daim, ont un projet.

SÉDUIS-MOI SI TU PEUX – 12/20

Séduis-moi si tu peux ! : AfficheDe Jonathan Levine
Avec Charlize Theron, Seth Rogen, O’Shea Jackson Jr

Chronique : Séduis-moi si tu peux (titre français commercialement suicidaire, soit dit en passant) est une amusante comédie romantico-politique à l’humour assez potache et régulièrement en dessous de la ceinture, mais qui se révèle suffisamment pertinente sur les sujets qu’elle aborde pour dépasser sa légèreté assumée.
Piques bien senties aux gouvernants actuels, stature féministe revendiquée, petits airs de bluettes sentimentales, Séduis-moi navigue entre les genres, trop longuement certes (plus de 2h pour une comédie, come on !), mais avec du cœur et un couple star aussi improbable que charmant. Seth Rogen est aussi drôle que ce qu’on peut attendre de lui et Charlize Theron est aussi plastiquement splendide que parfaite d’auto-dérision
Le rythme repose beaucoup sur leur évidente alchimie, mais la comédie peut aussi compter sur des seconds rôles piquants, majoritairement tenus par des figures de séries TV (Saul Goodman de Breaking Bad, Briana de Grace and Franckie, Phoebe…)
Une comédie relativement inoffensive, mais enlevée, sensée et pleine de bons sentiments. Un très honnête feel good movie.

Synopsis : Fred, un journaliste au chômage, a été embauché pour écrire les discours de campagne de Charlotte Field, en course pour devenir la prochaine présidente des Etats-Unis et qui n’est autre… que son ancienne baby-sitter ! Avec son allure débraillée, son humour et son franc-parler, Fred fait tâche dans l’entourage ultra codifié de Charlotte. Tout les sépare et pourtant leur complicité est évidente. Mais une femme promise à un si grand avenir peut-elle se laisser séduire par un homme maladroit et touchant ?

PARASITE – 16/20

Parasite : AfficheDe Bong Joon Ho
Avec Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong

Chronique : Il l’avait déjà brillamment montré avec The Host, et à un degré (bien) moindre avec Okja, mais Bong Joon Ho confirme qu’il est un virtuose du mélange des genres. Il parvient à balader ses spectateurs avec une déconcertante facilité entre rires, larmes et effroi. Parasite est autant une comédie qu’un drame familial, un thriller aux allures de Home Invasion autant qu’une pertinente satire sociale.
A travers cette fable moderne que n’aurait pas renié Claude Chabrol, le réalisateur coréen expose en effet avec férocité l’affrontement de classe qui sévit dans son pays.
D’abord sur un ton badin et ludique, puis de manière plus pernicieuse, il décrit comment une famille des quartiers populaire va parvenir à s’immiscer dans le quotidien d’une famille bourgeoise. Les rapports d’abord courtois vont progressivement se tendre et créer une atmosphère de plus en plus anxiogène qui culminera dans un final angoissant et violent.
La mise en scène de Bong Joon Ho est au cordeau, faisant se percuter l’élégance de plans larges traduisant l’opulence de la demeure des Park et le burlesque que provoque l’urgence de la condition de la famille de Ki-Taek. A la fois drôle et saisissante, elle est faite de fulgurances et offre des scènes mémorables (une nuit d’orage, une inondation, un goûter d’anniversaire…), trop nombreuses pour toutes les citer. Le réalisateur coréen orchestre ce jeu de dupe comme un ballet qui commencerait par quelques pas de danse feutrés et s’achèverait dans une chorégraphie opératique et macabre.
C’est si bien construit qu’on passe sur les heureuses coïncidences et les facilités scénaristiques (l’«intrusion» est étrangement simple) pour profiter pleinement de son rythme parfait.
La diversité de ton de Parasite est sa richesse, son style protéiforme qui pourrait être déroutant est au contraire le gage de sa fluidité narrative et l’expression d’une indéniable intelligence. Un tour de force. La Palme 2019. Evidemment.

Synopsis : Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…