Cinéma |ANTOINETTE DANS LES CÉVENNES – 14,5/20

Antoinette dans les Cévennes : Affiche

De Caroline Vignal
Avec Laure Calamy, Benjamin Lavernhe, Olivia Côte

Chronique : Laure Calamy illumine ce « trail movie » de toute sa grâce comique. De tous les plans, tour à tour amusante, piquante, maladroite, spontanée ou émouvante, elle élève son personnage de femme amoureuse partie aux trousses de son amants sur les sentiers des Cevennes par sa drôlerie et son jeu tout en nuance.
Sa rencontre et ses discussions avec Patrick, qui l’accompagnera pendant tout son périple, vont profondément la transformer.
Ah oui, Patrick est un âne. Un ressort de comédie particulièrement bien tenu, grâce à la comédienne bien sûr, mais aussi à une mise en scène rythmée qui fait la part belle aux superbes paysages cévenol et qui s’appuie sur une excellente bande originale.
Si la première partie est un peu longuette, le film décolle vraiment lorsque Antoinette retrouve Vladimir (le génial Benjamin Lavernhe) et sa femme. Commence alors un drôle de vaudeville en montagne, drôle et subtil.
Une comédie moderne et rafraichissante comme un grand bol d’air pur qui valide définitivement le statue de tête d’affiche de Laure Calamy, resplendissante.

Synopsis : Des mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir. Alors quand celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces ! Mais à son arrivée, point de Vladimir – seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l’accompagner dans son singulier périple…

Cinéma | énorme – 14/20

Enorme : Affiche

Quelle étrange comédie que énorme. Sa réalisatrice Sophie Letourneur détourne les codes du genre pour livrer une œuvre hybride, entre comédie crue et grinçante et immersion quasi-documentaire.
La mise en scène se démarque d’emblée des canons habituels en proposant un format 4/3, un sentiment renforcée par l’absence de musique hormis quelques passages au piano et l’appel à une distribution secondaire amateur où la plupart des professionnels (Médecins, sages-femmes, avocats et même shaman) jouent leur propre rôle.
On est très loin des standards frénétiques des comédies françaises, et ce n’est pas la dernière scène, un accouchement au réalisme cru surprenant, qui ira à l’encontre de cette impression.
Pourtant on rit. De par son sujet qui inverse la perception des genres (un homme fait un bébé dans le dos de sa femme et vit la grossesse comme s’il portait lui-même le bébé) et grâce à son couple d’acteurs Foïs / Cohen, qui a tout de l’évidence comique. On n’imaginait pas qu’il se formerait sur un projet aussi singulier et atypique, mais il fonctionne très bien, ajoutant de l’humour et du cœur à l’absurde du scénario.
D’ailleurs la polémique autour du film n’a franchement aucune raison d’être. A aucun moment il ne cautionne le choix et les actes du mari. Même s’il est poussé par des motivations humaine, il est clairement identifié comme fautif, même pénalement lorsqu’il échange avec une avocate.
Pas sujet à polémique donc, mais à revendiquer le droit des femmes à disposer de leur corps et à questionner la place du père, certainement.
Enorme est un film audacieux et osé, autant sur le fond que la forme, une comédie ovni qui brouille le(s) genre(s) et dont on sort un peu confus. Dans le bon sens, celui qui interpelle et questionne.
Finalement, lorsqu’on connait la filmographie de Marina Fois, motivée par l’engagement et la prise de risque, ce n’est pas si étonnant.

Séries | LOVE LIFE S01 – 15/20 | FAMILY BUSINESS S02 – 13,5/20

LOVE LIFE S01 (OCS) – 15/20

Love Life - Renewed for a 2nd Season by HBO Max

C’est une surprise, et une très bonne surprise. Cette petite romcom ne paie pas de mine mais devient très vite addictive, comme un roman léger dont on ne peut s’arrêter de tourner les pages.
Construite en chapitre comme autant d’étapes dans la vie amoureuse de son héroïne, Love Life balaie un large spectre de relations amoureuses, des plus tendres aux plus toxiques et trouvera forcément un écho chez chaque spectateur à un moment ou à un autre. Drôle et touchante, Anna Kendrick est parfaite en femme embrassant son époque et on la suit bien volontiers dans ce jeu de piste sentimental. Tout en essayant de deviner avec elle va bien pouvoir terminer…

FAMILY BUSINESS S02 (Netflix) – 13,5/20

La saison 2 de Family Business débarque le 11 septembre sur Netflix ! -  NRJ.fr

La famille Hazan revient pour une deuxième saison qui lorgne encore un peu plus vers Weeds tout en conservant un ton bien franchouillard et déjanté. Elle renforce le burlesque des ses personnages et pousse les curseurs à fond, multipliant les situations et les twists improbables mais franchement bien trouvés. Family Business est un terrain de jeu rêvé pour ses acteurs, tous excellents. Mentions spéciales à Jonathan Cohen et Gerard Darmon franchement hilarants (pour peu qu’on adhère à l’humour de Cohen, moi à 100%) et la révélation Louise Coldefy dans le rôle de Clémentine, un bijou de personnage de comédie féminin. Le casting exploite avec gourmandise chaque ligne de dialogues pas toujours très fins mais presque toujours drôles.
Un vrai plaisir, toujours un peu trop court (6 épisodes de 30’par saison, c’est peu)

Série | NORMAL PEOPLE – 16/20

NORMAL PEOPLE S01 (Starzplay) – 16/20

Poster Normal People - Affiche 14 sur 17 - AlloCiné

La série dont tout le monde parle, et à raison.
Subtile et gracieuse, Normal People est d’une fluidité quasi miraculeuse pour explorer la complexité du sentiment amoureux, les regards équivoques les papillons dans le ventre, les incompréhensions, les occasions ratés, les non-dits. Et la sexualité, abordée frontalement et sans tabou.
La mise en scène, délicieuse, est d’une rare élégance.
Mais Normal People est aussi pleinement la série de Daisy Edgar Jones et Paul Mescal deux lumineuses découvertes. Ils incarnent à la perfection ce couple à chaque étape de leur histoire, traduisant leur enthousiasme, leur insécurité ou leur doute. Tour à tour attachants ou agaçants, Marianne et Connell ne laissent jamais indifférent et leurs interprètes y sont pour beaucoup.
Un bijou de délicatesse et d’authenticité.

Cinéma | TENET – 13,5/20

De Christopher Nolan
Avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki

Tenet : Affiche

Chronique : Abordons d’emblée LA question. Est-ce qu’on ne comprend vraiment rien à Tenet?
Pas tout à fait, mais avouons que le concept de la chronologie inversée est foutrement alambiqué.
Le principe est relativement bien introduit mais quand il se matérialise (spectaculairement) à l’écran, le cerveau est au bord de l’implosion.
Mais au fond, cette narration labyrinthique n’a rien de rédhibitoire. Memento ou Inception reposaient sur des idées tout aussi complexes et n’en sont pas moins des chefs-d’œuvre. La différence est que cette fois-ci le concept écrase le reste. Pas forcément son intrigue, Tenet s’avérant convaincant dans le genre du thriller d’espionnage à la James Bond, mais tout ce qui constitue normalement le cœur de sa filmographie, les aspirations de ses personnages et la finalité de leurs actions. Il est bien question de l’imminence d’une troisième guerre mondiale temporelle, mais elle reste assez abstraite et semble peu impacter ses protagonistes.
Chose rare chez le cinéaste, Tenet tombe dans l’écueil du film-concept désincarné, du blockbuster froid. Ses héros sont habituellement mus par des élans humains, des conflits intérieurs, une quête personnelle qui finissent toujours par surpasser la structure du film, aussi brillante et novatrice soit-elle. C’est cet aspect-là qui fait un peu défaut à Tenet. Pour autant, l’exécution est impeccable et suffit à elle seule à motiver une ou deux visions du film.
La virtuosité de la mise en scène de Nolan est une nouvelle fois éclatante et impressionne comme rarement lorsque les chronologies se croisent. Un peu comme les bullet shot de Matrix en son temps, la prouesse technique de ces scènes de combat aura sans doute un impact fort sur le cinéma d’action des prochaines décennies.
Tenet est visuellement bluffant, le rythme ne retombe jamais, porté par une bande-son puissante et vrombissante, un élément toujours central dans le cinéma de Nolan. Et nous fait joliment voyager. Le réalisateur prouve une nouvelle fois qu’il n’a pas son égal pour allier audace conceptuelle et ambition formelle.
Il n’est finalement pas nécessaire de tout comprendre pour profiter de Tenet. On le disait, il lui manque certainement plus un souffle romanesque et du cœur que des réponses aux nœuds au cerveau qu’il provoque. Pour cette raison, Tenet est d’assez loin le film de Christopher Nolan qui m’aura le moins emballé après TDKR. Mais le référentiel est élevé, le reste de sa filmo étant composée au mieux de chefs-d’œuvre, au pire de grands films. Tenet reste un énorme blockbuster d’auteur, ambitieux, original, comme on espère qu’Hollywood continuera à produire en dehors des canons de licences.

Synopsis : Muni d’un seul mot – Tenet – et décidé à se battre pour sauver le monde, notre protagoniste sillonne l’univers crépusculaire de l’espionnage international. Sa mission le projettera dans une dimension qui dépasse le temps. Pourtant, il ne s’agit pas d’un voyage dans le temps, mais d’un renversement temporel…

Séries | UMBRELLA ACADEMY S02 – 13/20 | UPLOAD S01 – 12/20

UMBRELLA ACADEMY S02 (Netflix) – 13/20

Umbrella Academy sur Netflix : avant la saison 2, comment se terminait la  saison 1 ? - News Séries à la TV - AlloCiné

Les voyages dans le temps ont décidément la cote en ce moment. The Umbrella Academy s’empare du filon pour nous proposer une saison 2 presque entièrement située au début des années 60 à Dallas alors que JFK est sur le point de se faire assassiner (encore un sujet à la mode) et que le mouvement pour les droits civiques des afro-américains enfle.
Pas follement original sur le fond donc, mais c’est un vrai plaisir de retrouver la fratrie dispatchée un peu partout dans cette nouvelle timeline. Cette nouvelle saison approfondie leur relation alors qu’ils reconnectent progressivement entre eux. Si le scénario a des airs de déjà-vu et maîtrise difficilement la notion de voyage dans le temps particulièrement lorsqu’il doit éclairer le parcours de Five (difficile de passer après Dark !), la mise en scène est toujours aussi stylée et le show assure dans l’irrévérence, sans doute conforté par le succès de son grand frère malpoli, The Boys.
A voir si la saison 3 arrivera à redonner du peps à la série.

UPLOAD S01 (Amazon Prime ) – 12/20

Upload» : la nouvelle comédie à mourir de rire de Greg Daniels | CNEWS

Petite série B futuriste limitée mais sympathique qui imagine un futur où l’on aurait bravé la mort, notre conscience pouvant être uploadée dans un avatar se promenant dans une sorte de paradis numérique et capable d’interagir avec le monde réel.
Un jeune homme que rien ne prédisposait à une mort soudaine va finir par se poser des questions sur d’étranges pertes de souvenirs tout en s’attachant à la jeune femme en charge de son SAV. Upload est loin d’être parfaite, un peu too much, cheezy dans sa partie romantique, un casting assez faiblard (surtout le héros, fade au possible), mais s’avère très divertissante. Elle s’amuse à imaginer le pire de nos addictions aux technologie (la vie sous notation, les plaisirs virtuels, le règne des machines…) dans un monde où le politiquement correct fait loi, avec pas mal d’humour et d’ironie. Peu de moyens donc, mais quelques idées rigolotes pour décrire un futur drivé par les réseaux sociaux et les applications même si le fond, et notamment l’enquête sur ce qui est vraiment arrivé au héros, reste très léger.

EFFACER L’HISTORIQUE – 13,5/20

Effacer l’historique : AfficheDe Gustave Kervern, Benoît Delépine
Avec Blanche Gardin, Denis Podalydès, Corinne Masiero

Chronique : Chantres (un peu isolés) de la comédie sociale française Kerven et Delepine diluent un peu de l’acidité de leur prose Grolandaise lorsqu’ils passent au grand écran. Ils conservent cependant indéniablement leur liberté de ton et leur verve politique, quitte à ne pas toujours viser juste. Effacer l’Historique si. Leur nouveau film peut s’appuyer sur de solides ingrédients que les réalisateurs utilisent à bon escient : un pitch un brin absurde, un scénario solidement exécuté sans réelle baisse de rythme et un trio de comédiens impeccables. Effacer l’Historique dénonce la surconsommation, l’uberisation et les dérives technologiques de notre société à travers le vain mais valeureux combat de trois laissés pour compte victimes de la déshumanisation de notre monde. La croisade de ces Don Quichote modernes contre les algorithmes fait souvent mouche au prix d’un humour décalé, un poil désabusé.
Ça se moque plutôt que ça n’attaque, mais le message ne passe pas moins bien. D’ailleurs tout passe bien quand c’est énoncé par Blanche Gardin… Même si ses deux acolytes ne déméritent pas, elle bouffe l’écran et vampirise les scènes dans lesquelles elle joue, au risque de rendre celle où elle est absente un peu fades.
Si Effacer l’historique est une farce sociale drôle et pertinente, il est dommage que l’image soit vraiment dégueulasse, avec un gros grain bien vilain. Ce n’est pas parce qu’on veut faire réaliste que ça doit forcément être moche…

Synopsis : Dans un lotissement en province, trois voisins sont en prise avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il y a Marie, victime de chantage avec une sextape, Bertrand, dont la fille est harcelée au lycée, et Christine, chauffeur VTC dépitée de voir que les notes de ses clients refusent de décoller.Ensemble, ils décident de partir en guerre contre les géants d’internet. Une bataille foutue d’avance, quoique…

Séries | I MAY DESTROY YOU – 16/20 | HANNA S02 – 13/20

I MAY DESTROY YOU S01 (OCS) – 16/20

I May Destroy You' is a Powerful and Thought-Provoking Story of Survival -  Review - Geeks Of Color

Un drama dense et complexe sur le consentement et les traumatismes engendrés par un viol.
Parfois difficile, épuisant, mais puissant, I May Destroy You éclaire la personnalité de son héroïne grâce à une structure mouvante, utilisant le flash-back, l’ellipse ou les souvenirs. La narration illustre son cheminement psychologique, le déni, l’autodénigrement, la rage, l’attaque jusqu’à l’excès, la résilience…
Elle nous aide à comprendre Bella, le cœur de la série et le symbole de son militantisme. I May Destroy You est d’une intelligence rare, elle évite constamment le misérabilisme et les raccourcis simplistes. Parce qu’elle s’empare de l’histoire d’une femme dont beaucoup auraient dit, «  »elle l’a cherchée » », la série démonte patiemment et méticuleusement tous les mécanismes de justification d’un tel acte ou de tout abus sexuel, quels qu’ils soient et qui en soit la victime.
Les conséquences du viol sont aussi vues à travers le regard des proches de Bella. C’est toujours très juste, très subtil, obligeant les personnages à faire leur propre introspection ou au contraire révélant leurs petites lâchetés.
Atout numéro un du show, productrice, scénariste, réalisatrice, actrice, Michaela Cohen est une perle rare. On l’avait découverte déjantée dans l’excellent mais un peu foutraque Chewing-gum, elle impose ici une maturité impressionnante. La claque attendue.

HANNA S02 (Amazon Prime) – 13/20

Hanna Season 2' trailer out on Amazon Prime Video, release date revealed

Série toujours aussi efficace, tranchante dans la brutalité de ses scènes d’action, qui approfondit en saison 2 la quête d’émancipation de Hanna. Elle va même un peu plus loin en confrontant la jeune femme à se semblables, lui faisant expérimenter les prémisses de la sororité. Si la première saison était placée sur le signe de la figure paternelle de substitution, celle-ci tend à développer un simili de relation mère-fille. Evidemment pas question de hug et de bisous, mais plutôt de taloche et de grands coups dans la gueule ! Le charisme de la jeune Esme Creed-miles fait toujours autant de bien au show. Ce n’est pas encore Saoirse Ronan (qui était Hanna dans le film original), mais disons que cela pourrait être sa petite sœur. Hanna a aussi l’excellente idée de nous offrir un joli tour d’Europe (Londres, Dublin, Barcelone, Paris…). Jolie confirmation.

TERRIBLE JUNGLE – 13/20

Terrible Jungle : Affiche

De Hugo Benamozig, David Caviglioli
Avec Catherine Deneuve, Vincent Dedienne, Alice Belaïdi, Jonathan Cohen

Chronique : Dedienne, Cohen, Deneuve (qui n’est jamais meilleure que lorsqu’elle se moque d’elle-même), sur le papier, j’achète cent fois. Et pour le coup, les réalisateurs capitalisent parfaitement sur le talent et la verve des leurs têtes d’affiche. Les répliques fusent et sont assénées avec un tempo comique imparable. L’écriture est ciselée pour le phrasé immédiatement identifiable de chacun des comédiens. C’est souvent drôle, mixant une pointe de cynisme et une dose d’absurde.
La mise en scène est très correcte, exploitant à la fois ses décors sauvages et les « gueules » de son casting pour donner au film un air cartoonesque réussi.
Terrible Jungle pêche malheureusement dans son scénario, qui manque un peu d’habileté à faire se répondre les deux pans de son histoire. Si la partie « recherche » avec Cohen et Deneuve fonctionne parfaitement, la partie « anthropologie » avec Dedienne chez les Otopis est plus laborieuse. Peut-être parce qu’elle révèle son jeu un peu trop tôt (ils ne sont pas ce qu’on croit).
Cette structure narrative nous prive aussi d’interactions entre Cohen et Dedienne, ce qui s’apparente à un gros gâchis !
Il n’en demeure pas moins que Terrible Jungle remet plutôt efficacement la comédie d’aventure au goût du jour. C’est en soi une bonne nouvelle.

Synopsis : Eliott, jeune chercheur naïf, part étudier les Otopis, un peuple mystérieux d’Amazonie. C’est aussi l’occasion pour lui de s’éloigner de l’emprise de sa mère, la possessive Chantal de Bellabre. Mais celle-ci, inquiète pour lui, décide de partir à sa recherche en s’aventurant dans l’étrange forêt amazonienne.

Séries | PERRY MASON S01 – 15/20 | THE ACT S01 – 13,5/20

PERRY MASON S01 (OCS) – 15/20Perry Mason (2020) — Season 1 Episode 1 | 'Full Episodes' | by ...

Reboot en forme d’Origin Story de la très ancienne série procédurale incarnée sur 35 ans par Raymond Burr, Perry Mason 2020 se présente d’avantage comme une relecture du personnage. En choisissant l’angle introspectif, elle l’accompagne dans l’intrigant Los Angeles des années 30 et nous dévoile sa transformation de privé hanté par son passé en avocat autodidacte. La réalisation chiadée et élégante reprend les codes des films noirs de l’époque et offre une impeccable reconstitution de la grande dépression, aussi bien dans son esthétique d’une parfaite maîtrise qu’à travers le rendu du climat social de l’époque.
C’est extrêmement qualitatif, tout comme son scénario aux nombreuses ramifications et aux personnages multiples (ce qui peut parfois brouiller la compréhension). Une intrigue dense donc, qui s’étend et se complexifie pour prendre toute son ampleur lorsqu’on entre dans le vif du sujet (et au tribunal) et que Mason prend enfin possession des prétoires. Matthew Rhys (The Americans – que vous DEVEZ avoir vu) fait un sans-faute.
S’il faut un peu de temps pour rentrer dans son ambiance jazzy et parfois un peu lugubre, reconnaissons-le, ce nouveau Perry Mason finit par nous harponner et nous faire espérer une saison 2 toute aussi passionnante. Le haut du panier HBO.

THE ACT S01 (STARZPLAY) – 13,5/20Amazon.com: Watch The Act, Season 1 | Prime Video

The Act retranscrit à l’écran et apparemment assez fidèlement un incroyable et fascinant fait divers : le meurtre d’une femme par sa fille qu’elle a contraint à feindre (même inconsciemment) la maladie toute sa vie.
Même si ce n’était pas forcément nécessaire d’en faire 8 épisodes (il y a beaucoup de longueurs et de passages exagérément surlignés), la série est bien construite et assez fluide dans sa façon de raconter comment le drame se joue sur plusieurs années.
Aussi agaçante que terrifiante, Patricia Arquete, est parfaite en mère vénale et surprotectrice. Dans un rôle de femme-enfant particulièrement casse-gueule, le talent et l’audace de la jeune Joye King, que je ne connaissais pas, sautent aux yeux.