Cinéma | LE DISCOURS – 14/20

De Laurent Tirard
Avec Benjamin Lavernhe, Sara Giraudeau, Kyan Khojandi

Chronique : Le bouquin dont Le Discours est adapté est très fin, très drôle, mais sa principale caractéristique est de se passer presque entièrement dans la tête de son personnage principal.
Comment Laurent Tirard, habitué à un cinéma démonstratif (Astérix, Le Petit Nicolas, Le Retour du Héros) allait-il bien pouvoir traduire les divagations intérieures d’Adrien sans les trahir ?
Le réalisateur le fait avec beaucoup de créativité et une certaine malice. Toutes les bonnes idées du roman y sont et même un peu plus. Sa mise en scène fait preuve d’une inventivité stimulante pour illustrer les pensées, les espoirs et les frustrations de son anti-héros. Il use à bon escient d’artifices théâtraux en brisant le quatrième mur et en multipliant les apartés qu’il complète par de nombreux flash-backs amusants. C’est précis, efficace, souvent très drôle et a le bon goût de ne pas trop faire durer le plaisir, comme pour un bon discours !
Le film dispose surtout d’une arme secrète imparable, le talent de Benjamin Lavernhe dont le sens comique et l’éloquence mettent ici tout le monde d’accord. Il est de surcroit parfaitement entouré avec Morel, Khojandji, Sara Giraudeau…
Le Discours se permet même d’ajouter une pointe d’émotion pas forcément palpable dans le roman.
Un passage à l’image réussi !

Synopsis : Adrien est coincé. Coincé à un dîner de famille où papa ressort la même anecdote que d’habitude, maman ressert le sempiternel gigot et Sophie, sa sœur, écoute son futur mari comme s’il était Einstein. Alors il attend. Il attend que Sonia réponde à son sms, et mette fin à la « pause » qu’elle lui fait subir depuis un mois. Mais elle ne répond pas. Et pour couronner le tout, voilà que Ludo, son futur beau-frère, lui demande de faire un discours au mariage… Oh putain, il ne l’avait pas vu venir, celle-là ! L’angoisse d’Adrien vire à la panique. Mais si ce discours était finalement la meilleure chose qui puisse lui arriver ?

Cinéma | PROMISING YOUNG WOMAN – 14/20

De Emerald Fennell
Avec Carey Mulligan, Bo Burnham, Alison Brie

Chronique : Le mouvement #metoo a libéré la parole sur les violences faites aux femmes encourageant une nouvelle génération de réalisatrices à s’élever contre la culture du viol et à attaquer frontalement la masculinité toxique. Dans le sillon de la série surpuissante I May Destroy You de Michaela Coel qu’on a pu découvrir récemment (si ce n’est encore fait, je vous y encourage vivement), Emerald Fenell détourne les codes de la comédie romantique et du thriller horrifique pour construire un Revenge movie rose bonbon rythmé par une musique pop entrainante. Promising Young Woman joue habilement, au moins dans son premier tiers, sur le décalage entre la légèreté sophistiquée de la mise en scène et la dureté de son sujet.
On comprend assez vite les motivations qui pousse son héroïne à feindre la vulnérabilité pour piéger les prédateurs sexuels mais Promising Young Woman nous emmène en permanence là où on n’aurait jamais pensé aller. Le film change de ton lorsque la vendetta de Cassie prend un tour plus personnel, l’humour acide du début laisse la place à un mélange de rage désespérée et de tristesse.
Le film secoue et surprend, enchaine les twists de plus en plus dérangeants tout en suscitant la réflexion. Mais on est constamment captivés.
Le Revenge movie est un genre toujours délicat à traiter, et il est difficile de trouver le ton juste quand un personnage décide de se faire justice soi-même. Si son scénario est parfois borderline et surappuyé (surtout sur la fin), Emerald Fenell parvient à conserver un équilibre qui n’édulcore ni amoindri la force sociétal et féministe de son propos en énonçant clairement dans sa deuxième partie la base fictionnelle et les limites du combat de Cassie. Au contraire, Promising Young Woman a un message à faire passer et il le clame haut et fort. Carey Mulligan en est la voix puissante. Quelle grande actrice.

Synopsis : Tout le monde s’entendait pour dire que Cassie était une jeune femme pleine d’avenir…jusqu’à ce qu’un évènement inattendu ne vienne tout bouleverser. Mais rien dans la vie de Cassie n’est en fait conforme aux apparences : elle est aussi intelligente que rusée, séduisante que calculatrice et mène une double vie dès la nuit tombée. Au cours de cette aventure passionnante, une rencontre inattendue va donner l’opportunité à Cassie de racheter les erreurs de son passé.

ADN – 12,5/20

De Maïwenn
Avec Maïwenn, Omar Marwan, Fanny Ardant

Chronique : Avec ADN, Maïwenn livre un drame familial très personnel sur le deuil et le sens de la transmission, fiévreux, intime et intense, maladroit et imparfait certes mais sincère.
Que le film ressorte sur les écrans après la pandémie le fait resonner différemment aujourd’hui, alors que beaucoup d’entre nous ont dit adieu à leurs anciens. L’impact émotionnel est sans doute renforcé et il est toujours fascinant de voir comment un film peut être reçu différemment en fonction du moment où on le rencontre.
Sur un mode quasi-documentaire, la réalisatrice filme les répercussions de la mort du patriarche sur les relations tendues qui unissent ses descendants. La perte de ce point de repère solide exacerbe les ressentiments et les rancunes. Les mots sont durs, violents souvent, les regards tout autant, les conflits ouverts. Mais ils s’accompagnent aussi de moments doux (la relation du grand-père et de son petit-fils est belle), de preuves d’amour camouflés derrière les cris et dans la manière de chacun de dire au revoir.
Maïwenn capte ce moment d’après avec un naturel désarmant, mais aussi parfois embarrassant tant le spectateur peut avoir l’impression d’être pris à parti et d’être assigné à un rôle de voyeur.
Les affrontements acides entre les membres de la famille peuvent se perdre dans une surenchère complaisante mais sonnent aussi parfois incroyablement juste. Un déséquilibre permanent qui se ressent aussi dans la réalisation.
Maïwenn, entourée d’excellents comédiens qui servent des dialogues et des punchlines tour à tour drôles ou puissants, confirme que sa direction d’acteurs est l’une des plus maitrisée du cinéma français. C’est moins le cas de son scénario qui souffre de déséquilibre entre la première partie consacrée à la gestion du deuil par la famille, bien tenue malgré ses excès, et la seconde axée sur la quête identitaire de son personnage principal, dont le traitement un peu brouillon étend inutilement le film tout en perdant l’effet de troupe qui donnait tout le sel de sa première partie.
Mais si ADN mérite vraiment notre attention, c’est aussi grâce à ses imperfections qui participent à sa singularité et à sa force.

Synopsis : Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses… Heureusement Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors elle va vouloir comprendre et connaître son ADN.

Séries | MARE OF EASTTOWN S01 – 16/20 | HALSTON – 11/20

MARE OF EASTTOWN S01 (OCS) – 16/20

Mare of Easttown débute presque anecdotiquement avec le meurtre d’une jeune fille dans une petite ville de province aux Etats-Unis. C’est l’Amérique populaire, celle des communautés où tout le monde se connait, l’Amérique des non-dits et des secrets… Une flic fatiguée et déprimée s’empare de l’enquête…
On se dit d’abord qu’on a déjà vu ça 1 000 fois… Mais en fait non, pas du tout !
La manière en tout point admirable dont les personnages sont construits, la finesse du scénario qui parvient à créer aussi bien le suspense nécessaire à un excellente thriller que l’empathie du spectateur envers ses personnages fait de Mare of Easttown une série unique et franchement emballante.
Si chaque épisode se termine sur un clifhanger d’une redoutable efficacité, c’est aussi parce que Mare of Easttown aura su privilégier l’humain au spectaculaire, nous faisant apprécier progressivement des personnages de prime abord mal-aimable et à la construction plus complexe qu’on l’aurait pensé au départ. C’est paradoxalement en limitant les effets qu’elle devient plus accrocheuse.
Evidemment, Kate Winslet est impériale, son interprétation aussi brute que fragile apporte cette dimension supérieure à la série, celle qui la rend mémorable.
Parions qu’on se souviendra très fort de Mare of Easttown parmi les séries marquantes de 2021 et de sa principale interprète quand arrivera le temps des récompenses…

HALSTON (Minisérie Netflix) – 11/20

Une fois n’est pas coutume, Ryan Murphy brosse un portrait très conventionnel du créateur de mode Roy Halston, un biopic certes élégant et solide, mais sans grande personnalité. Entre grandeur et décadence, il dépeint l’histoire classique d’un talent trahi par son égo et son narcissisme sans vraiment réussir à capter une époque. En revanche Ewan McGregor fait très bien le job et les musiques de la BO sont assez réjouissantes.
Agréable mais dispensable et très loin de l’audace habituelle de Murphy. On aimerait pouvoir avoir légalement accès au film documentaire de Frederic Tcheng en France pour lui opposer une autre vision.

Cinéma | THE FATHER – 15/20

De Florian Zeller
Avec Anthony Hopkins, Olivia Colman

Chronique : Florian Zeller adapte en anglais sa pièce de théâtre et parvient à transcender son matériel original pour faire de son film un thriller psychologique haletant et bouleversant, bien qu’on en connaisse la fin et son bad guy impitoyable (la maladie)
Le scénario reflète la confusion de plus en plus grande qui affecte le vieillard. The Father est une plongée labyrinthique dans son cerveau abîmé par la démence sénile. Qui est vraiment qui ? où est-on ? que nous a-t-on dit ? Le réalisateur nous perd pour mieux nous toucher et ça marche foutrement bien, d’autant plus qu’il ne cède jamais à l’émotion facile.
Sa mise en scène exploite au mieux le huis-clos, construisant de longs plans élégants qu’il va répéter avec des personnages différents (ou pas), des temporalités floues, des dialogues contradictoires, ce qui renforce progressivement l’impression de dérive, la détresse grandissante d’Anthony et l’impuissance de ses proches, en particulier sa fille (formidable Olivia Colman).
Anthony Hopkins est sorti de sa retraite pour incarner ce vieil homme portant le même prénom que lui. A 83 ans, il livre la performance d’une vie, magistrale, terrassante. Ne la ratez pas.

Synopsis : The Father raconte la trajectoire intérieure d’un homme de 81 ans, Anthony, dont la réalité se brise peu à peu sous nos yeux. Mais c’est aussi l’histoire d’Anne, sa fille, qui tente de l’accompagner dans un labyrinthe de questions sans réponses.

Cinéma | ADIEU LES CONS – 13/20

De Albert Dupontel
Avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié

Chronique : Pas grand fan de Dupontel, c’est un peu en traînant des pieds que je me suis décidé à découvrir le César 2020 du meilleur film. En revanche j’aime beaucoup Virginie Efira… Je me suis donc laissé convaincre. Avec deux confirmations à la clé : Albert Dupontel est décidemment un acteur limité (il faut vraiment qu’il arrête de se donner les premiers rôles quand il ne leur correspond pas) mais un réalisateur inspiré.
Sa mise en scène est à la fois singulière et séduisante. Dupontel nous plonge dans un monde sépia, l’enrobe de couleurs chaudes et affiche beaucoup de maitrise et d’originalité dans ses mouvements de caméra. Ses plans sont toujours très beaux, fluides, riches d’une imagerie cartoonesque qui fourmille d’idées.
Même si les films de Dupontel ont toujours un fond politique (pour le coup ici pas très subtil), le réalisateur privilégie l’humain et construit un univers chaleureux pour contrebalancer la solitude et la détresse de ses personnages, il les entoure d’une certaine bienveillance et fait poindre des lueurs d’espoir.
Cette dualité entre légèreté et tragique se retrouve dans les dialogues, très bien écrits, drôle et parfois emprunts d’une poésie toujours à propos.
Efira s’en sort remarquablement bien, même quand le scénario flirte avec la guimauve, elle reste digne et porte le film. Elle allie fraicheur, humour et émotion, bien épaulée par son hilarant sidekick M. Blin, trouvaille formidable. Nicolas Maré est exceptionnel. Si l’un des César d’Adieu les cons est mérité, c’est bien celui du meilleur second rôle. Car pour celui du meilleur film, c’est beaucoup moins évident.
En dépit de sa réussite formelle évidente et de son écriture solide, son scénario est parfois plombé par une naïveté excessive et une pointe de démagogie.
Une jolie fable, vraiment, un peu maladroite dans son engagement mais définitivement touchante.

Synopsis : Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Cinéma | L’Etreinte – 13/20

De Ludovic Bergery
Avec Emmanuelle Béart, Vincent Dedienne

Chronique : L’Etreinte vaut surtout pour le plaisir de retrouver Emmanuelle Béart sur grand écran. De toutes les scènes, elle incarne fiévreusement Margaux, veuve à l’aube de sa cinquantaine, une cinquantaine assumée et vibrante.
C’est le portrait d’une femme en réapprentissage que dépeint L’Etreinte. Si le récit est volontairement mystérieux sur son passé hormis la mort de son mari il y a 6 mois, il la confronte à une solitude nouvelle, au besoin de séduire à nouveau, nous montre son combat intime et parfois maladroit pour retrouver une confiance qu’on devine envolée.
On assiste à cette difficile réinvention, cette bascule entre un passé révolu et un avenir incertain.
Filmé caméra à l’épaule, au plus prés des visages et des corps, L’Etreinte offre une mise en scène charnelle, scrutant et exposant le désir et les frustrations.
Emmanuelle Béart embrasse pleinement, sensuellement et magnifiquement ce rôle qui vampirise le film. C’est un peu sa limite, dans la mesure où les personnages qui gravitent autour d’elle sont peu développés (malgré une jolie complicité avec Vincent Dedienne, impeccable), donnant au scénario une dimension un peu monolithique. Mais ces retrouvailles sont à la hauteur de la sensibilité et du talent de l’actrice.

Synopsis : Margaux a perdu son mari et commence une nouvelle vie. Elle s’installe chez sa sœur et s’inscrit à l’université pour reprendre des études de littérature. Mais rapidement, elle ressent le besoin d’autres émotions. Elle part en quête d’amour, au risque de s’y perdre…

Cinéma | MANDIBULES – 12,5/20

Mandibules

De Quentin Dupieux
Avec David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos

Chronique : Deux potes bas du front recueillent une mouche géante et décident de la dresser. C’est un pitch absurde, mais c’est un film de Quentin Dupieux, on est donc presque dans le pléonasme.
Le scénario se déroule en revanche de façon assez linéaire, avec des enjeux assez clairs, ce qui en fait sans doute son film le plus abordable, même si la théâtralité décalée vue dans Au Poste ! était plus marquante.
Mandibules associe l’univers barré de son auteur à la bêtise assumée et irrésistible du Palmashow. Tantôt laborieux (les 20 premières minutes) tantôt savoureux, le film trouve progressivement son rythme de croisière où l’on sourit plus qu’on ne rit franchement (mais on sourit beaucoup). Surtout il bénéficie de deux atouts imparables, l’extraordinaire complicité entre Ludig et Marsais et le virage comique d’Adèle Exarchopoulos, exceptionnelle de drôlerie.
La mise en scène exploite au mieux ses décors minimalistes et son casting réduit, assumant un tempo lent mais sans doute mieux adapté à l’humour du Palmashow qu’à Dujardin (je n’étais pas un grand fan du Daim).
Avec sa morale naïve mais réconfortante, Mandibules est une ode à l’amitié aussi absurde que burlesque. On était curieux de voir comment les mondes de Dupieux et du Palmashow se marieraient, la cérémonie est plutôt réussie.

Synopsis : Jean-Gab et Manu, deux amis simples d’esprit, trouvent une mouche géante coincée dans le coffre d’une voiture et se mettent en tête de la dresser pour gagner de l’argent avec.

Série | LE SERPENT – 14/20 | INVINCIBLE S01 – 13,5/20

LE SERPENT (Minisérie Netflix) – 14/20

Dans une mise en scène sophistiquée et à travers une reconstitution visuelle et graphique des années 80 convaincante, Tahar Rahim incarne magistralement le tueur en série Charles Sobhraj (qui sous le nom d’Alain Gautier dépouillait, tuait et prenait l’identité de jeunes touristes en Inde). Son interprétation froide et glaçante confirme un charisme déjà largement révélé par une filmo très dense. Il construit pas à pas ce personnage mystérieux, évidemment dangereux mais aussi instable, avide et égotique en opposition avec le diplomate néerlandais, pivot moral de la série, pour qui la traque de Sobhraj va devenir une obsession. La série est construite en aller/retour entre différentes époques et se dévoile par touche. Si cette narration en puzzle met bien deux épisodes à réellement se mettre en place, elle s’avère redoutablement efficace, rejouant des scènes selon différents points de vue qui nous donnent de nouvelles perspectives à chaque épisode. Le Serpent devient vraiment captivant à partir de l’épisode 3 et s’avère un vrai bon thriller.

INVINCIBLE S01 (Prime Vidéo) – 13,5/20

Totalement étranger au comic original, c’est d’abord avec circonspection que j’ai découvert la série Invincible. Elle commence de manière assez lambda comme un banal dessin animé. En gros une histoire de super héros assez basique, reprenant les codes de DC et Marvel (on retrouve des « contrefaçons » de Batman, Flash, Superman…). Et puis elle devient graphique, mais genre TRES graphique, déployant une violence inouïe qui va crescendo, parfois jusqu’à l’écœurement. Une sorte de petite sœur pour The Boys, mais en moins cynique. Et le fond prend également de l’épaisseur au fil des épisodes, creusant la relation père/fils qui lie Omni-man et Invicible, tout en parvenant à exprimer à l’écran la sensation d’accomplissement et de pouvoir que peuvent ressentir les super-héros (enfin on imagine !) et en réservant son lot de surprises.
A noter un excellent casting voix, avec Steven Yeun, Sandra Oh (Killing Eve) et J.K. Simmons.
A suivre.

Cinéma | LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES – 15/20 | JUDAS AND THE BLACK MESSIAH – 11/20

LES MITCHELL CONTRE LES MACHINES (Dispo sur Netflix) – 15/20

Après l’Oscar du sensationnel Spider-man : New Generation. Lord et Miller propose leur nouvelle pépite sur Netflix (because la pandémie, tout ça…), ce qui s’avère être un sacré crève-cœur tant elle dégouline de qualités d’un peu partout.
Les Mitchell contre les Machines est une comédie d’aventure SF aussi barrée que maitrisée, à la direction artistique originale et décapante. Derrière un propos dans l’air du temps (la menace du tout connecté et notre dépendance aux nouvelles technologies), le film vante avec habilité, sans aucune lourdeur, les vertus du dialogue entre les générations, naviguant constamment entre humour loufoque et émotion. Diablement futé, il fourmille d’idées géniales et de références méta hilarantes, chargeant ses seconds plans de détails à tomber. Inutile de préciser que l’animation est d’une inventivité folle, mêlant dessins au crayon et effets numériques, et jouant intelligemment avec les incrustations pour appuyer la narration en voix off.
Le combat final est une merveille, aussi beau que fluide et d’une recherche visuelle inouïe.
Mais surtout, Les Mitchell est tellement, mais tellement fun, drôle et malin (ce cabot, ce Mochi, quelle trouvaille !) et bardé d’un cœur gros comme ça.
La définition même du film pour toute, mais vraiment toute la famille.
On est emballé. Ça se voit ? 😉

JUDAS AND THE BLACK MESSIAH (Dispo sur Canal) – 11/20

Judas and the Black Messiah relate le combat des Black Panther pour l’égalité des droits à travers le destin foudroyé du jeune leader Fred Hampton, assassiné par FBI de Hoover alors qu’il tentait de rallier à sa cause les différents groupuscules révolutionnaires (black, mais aussi latino et plus étonnamment suprémacistes) dans un contexte proche de la guerre civile.
Plus spécifiquement, c’est autour de l’histoire de William O’Neal, informateur du FBI qui déclenchera l’assassinat de Hampton que The Black Messiah est construit. Cela a le mérite d’ajouter à la dimension politique et documentaire une vision humaine, abordant les notions de trahison, de culpabilité, mais sans parvenir à apporter une réelle émotion ou à insuffler un souffle romanesque à ces destins croisés.
Car malheureusement le film s’attarde sur de trop nombreux personnages pas forcément aussi passionnants que Hampton et O’Neal, qui se retrouvent du coup insuffisamment développés et assez monolithiques dans leur construction.
Si The Black Messiah est évidemment intéressant et éclairant, en particulier au regard de l’actualité dramatique de ces dernières années, il manque trop de tension et de rythme, d’approfondissement des personnages pour dépasser son statut de film testimonial.