MAUVAISE FOI – 6,5/10

 
Synopsis : Clara est juive, Ismaël est arabe. Ils forment un couple heureux et épanoui. Lorsque Clara tombe enceinte, c’est le plus beau jour de leur vie. Tout va bien…
 
Avis : Un film charmant et touchant qui ,sur un sujet glissant, évite les clichés plombants en se concentrant sur l’histoire d’amour, fort bien interprétée par Rochy Zem et Cécile de France, qui confirme de film en film une subtilité de jeu qu’on ne lui connaissait pas forcément au début de sa carrière. Quelques très bonnes répliques, une très bonne BO, des moments plus faibles, mais un ensemble assez convaincant pour un premier film.
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COEURS – 5/10

Synopsis : Thierry, agent immobilier, se donne beaucoup de mal pour trouver un appartement à Nicole et Dan, un couple de clients difficiles.
A l’agence, Charlotte, sa collaboratrice, lui prête la cassette d’une émission qu’elle adore, un programme de variétés religieuses dont la vision troublera fortement Thierry.
La soeur cadette de Thierry, Gaëlle, recherche secrètement l’amour, allant même jusqu’à recourir aux petites annonces.
Dan, militaire de carrière expulsé de l’armée, passe ses journées dans le bar d’un hôtel où il confie ses mésaventures à Lionel, le barman.
Pour assurer son service du soir, Lionel fait appel à une assistante à domicile bénévole pour s’occuper de son père, Arthur, un vieil homme malade et colérique. C’est Charlotte qui se présente.
Et ainsi, le mouvement d’un personnage peut bouleverser le destin d’un autre sans pour autant le connaître voire même le rencontrer
 
Avis : Alors oui, la mise en scène est formidable. Resnais nous sort des plans séquences, et des plans tout court ingénieux, classieux et fort beaux. Mais au détriment du rythme et de la crédibilité des personnages, trop écrits pour leur donner une véracité et un ancrage dans le monde  actuel. Ce qui fait qu’on s’ennuie un peu, on qu’on est finalement peu touché par leurs petites mésaventures. Comme souvent chez Resnais (et ce n’est que mon humble avis, les critiques disent plutôt le contraire), l’ensemble sent un peu la naphtaline et manque cruellement de modernité. Surtout le jeu des acteurs, pour la plupart surfait et outrancier (surtout Wilson et Dussolier).
Pas emballé quoi…

CASINO ROYALE – 7,5/10

 
Synopsis  : Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d’une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l’accompagne afin de veiller à ce que l’agent 007 prenne soin de l’argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.
Alors que Bond et Vesper s’efforcent d’échapper aux tentatives d’assassinat du Chiffre et de ses hommes, d’autres sentiments surgissent entre eux, ce qui ne fera que les rendre plus vulnérables…
 
Avis : Enfin un James Bond de chair et de sang, humain, brutal. La franchise est dépoussiérée, et ça lui fait un bien fou. Les producteurs ont sans doute compris que les nouveaux héros s’appelaient plus JacK Bauer que Arsène Lupin.
Ce nouveau Bond (nouveau dans tous les sens du terme, puisque Casino Royale est sa première mission) saigne, sue, souffre, aime. Mais son côté rustre, un peu chien fou, légèrement moins classe et bien plus couillu que ces devanciers, s’éstompe petit à petit, pour s’associer efficacement avec le traditionel flegme britannique. Et surtout au contact de Vesper, jeune comptable interprétée magistralement par Eva Green. Le couple Bond / Vesper, glamour et intense, focntionne à merveille et explique en parti la réussite du film. Pour une fois qu’une James Bond Girl est autre chose qu’un faire-valoir.
L’action est à l’avenant du personnage, brute, efficace, et Campbell s’en sort très bien pour rendre l’âpreté de ce nouveau Bond, bien aidé par le scénario et les dialogues de Figgis (Million Dolar Baby, Collision), dont le point culminant est une partie de poker mémorable.
Un dernier mot sur le choix de Daniel Craig. Pour l’avoir vu dans Layer Cake, bon petit film british de gangster, j’avais peu de doute sur sa capacité à endosser la panopli de 007. Il va au delà de nos espérance. Vivement le prochain.
 
PS : très bon kiff, le générique de début

LE PRESTIGE – 7/10

Synopsis : Londres, au début du siècle dernier…
Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d’abord l’un à l’autre, mais l’émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s’efforcer de se détruire l’un l’autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques…
 
Avis : Un film parfaitement divertissant, quasi ludique, on ne voit pas passer les deux heures. Nolan, à coups d’ellipses et de flashs back ( et de flashs back dans les flashs back), nous étourdit pour mieux nous surprendre. Le théme central du film, la magie, nous renvoie au monde de l’enfance, mais le coeur de l’histoire, une rivalité insensée, une jalousie exacerbée entre deux magiciens dont la soif de vengeance ne semble jamais assouvie tempère largement ce côté bon enfant. Et Nolan bénéficie d’un casting habité de tout premier ordre. Jackman confirme de films en films qu’il est un des acteurs avec qui il faut compter désormais (i can’t wait the Fountain), Bale sait comme toujours donner corps à son personnage et Johansson s’en sort formidablement bien en faisant exister un rôle de potiche potentielle. Ajouter à ça une reconstitution convaincante du Londre du début du siècle (le 20ème, hein), un rythme haletant et David Bowie, vous obtenez un fort bon film, plaisant et pas con.
La fin est légèrement abracadbrantesque, mais pour un film sur la magie, on ne va pas lui en tenir rigueur.
Mais malgré tout, et je sais pas vraiment pourquoi, on a un peu l’impression d’être passé à côté d’un grand film.

BABEL – 7,5/10

 
Synopsis : En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d’événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d’un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d’isolement et de douleur…
 
Avis : Certes, le scénario est un peu moins ingénieux que Amores peros et surtout 21 Grammes. Et la déstructuration du récit a moins d’implication dans le récit et sur la perception du spectateur. Mais on reçoit malgré tout une vraie claque par le virtuose de la mise en scène (prix Cannois ô combien mérité) et une vraie leçon de réalisation. Inarritu joue avec les plans et les musiques pour nous emporter dans ces quatres histoires parallèles et faire émerger l’émotion. Et fait passer son message humaniste avec finesse et modestie, sur un des maux de notre temps, le manque de communication entre les êtres. L’humilité au service du talent aussi dans la distribution, où acteurs confirmés (Pitt excellent) et amateur donnent corps à ces histoires qui se croisent.

LE CONCILE DE PIERRE – 5,5/10

 
Synopsis : Laura Siprien se demande si elle n’est pas en train de perdre la raison.
Cauchemars et hallucinations la plongent depuis quelques semaines dans une angoisse incontrôlable.
Qui est vraiment son fils Liu-San ? D’ou vient-il ? Que signifie l’étrange marque apparue sur son torse ?
Quelques jours avant son septième anniversaire, l’enfant est enlevé. Persuadée de savoir où il a été emmené, Laura se jette à corps perdu dans un périple aux confins de l’étrange et du fantastique
 
Avis : N’ayant pas lu le bouquin, je suis bien incapable de dire si l’adaptaation de Nicloux est bonne ou non. Reste que ce réalisateur à un vrai talent pour créer des atmosphères pesante, légérement suranées et donner une vraie crédibilité à des acteurs utilisés à contre emploi, mais à bon escient (remarquables prestations de Lhermitte dans Une Affaire Privée, et de Balasko dans Cette femme-Là). Ici aussi, Belluci a rarement été aussi convaicante.
Mais l’ambiance ne fait pas tout, et un scénario improbable, un rythme parfois paresseux plombent le film. L’ésotérisme qui devait fonctionner dans le livre, tombe ici dans le grang Guignol, et on se surprend à sourire, alors que définitivment, on ne devrait pas…
Aussi vite vu, aussi vite oublié.

BORAT – 8/10

 
Synopsis : Borat, reporter kazakh, est envoyé aux Etats-Unis par la télévision de son pays pour y tourner un reportage sur le mode de vie de cette nation vénérée comme un modèle. Au cours de son périple, il rencontre de vraies personnes dans des situations authentiques, avec les conséquences les plus incroyables. Son comportement à contre-courant provoque les réactions les plus diverses, et révèle les préjugés et les dessous de la société américaine. Aucun sujet n’échappera à sa soif d’apprendre, même les plus extrêmes. Un vrai choc des cultures…
 
Avis : Culte? définitivement! Après deux visionnages en deux jours, je ne peux que valider le qualificatif. A travers son horrible personnage mysogine, raciste, antissémite, homophobe et on en passe, Sacha Baron Cohen stigmatise avec une fascinante clairvoyance l’ignorance et l’intolérance d’une partie du peuple américain.
En leur disant via son personnage de candide ce qu’ils pensent tout bas, il les met face à leurs haines aveugles et contradictions.
Mais Borat, est bien plus qu’un pensum démagogique. C’est surtout un film à hurler de rire, irrévenscieux et efficace, sacrément bien monté. Si le rythme baisse aux 2/3 tiers du film, ce n’est peut-être pas plus mal, ça permet de nous remettre du mal de bide que les rires de la première heure nous ont affligé.
Nice!!!