MICMACS A TIRE-LARIGOT – 5,5/10

Micmacs à tire-larigot
 
Synopsis : Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau… Bazil n’a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l’a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l’hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l’inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu’inattendus, vivant dans une véritable caverne d’Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d’armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d’hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath…
 
Avis : Jeunet fait clairement du Jeunet dans la forme : image ultra-travaillée, mouvement de caméra amples et ingénieux, lumière sépia, casting de gueules irréprochables. Au final, le film est sympathique mais s’oublie aussi vite qu’il s’est vu. En gros, MicMac à Tire-larigot, c’est sympa, mais ça n’a pas grand intérêt. La faute surtout à un scénario poussif, pour ne pas dire simpliste, qui incite les acteurs à souvent brasser du vent et à surjouer trop fréquemment. On sent souvent qu’ils rament pour donner du rythme à l’ensemble, et certaines scènes de groupe notamment semblent boostées artificiellement.
Jeunet échoue surtout à faire exister ses personnages secondaires, ce qui est pourtant sa spécialité. Aucun n’existe par lui-même, tous manquent d’une réelle profondeur, d’une histoire. Autant les personnages gravitant autour d’Amélie Poulain ou de Mathilde exprimaient immédiatement un passé, voir un passif, autant on sent que tous luttent ici pour donner autre chose qu’une image de pieds-nickelés. Si Dany Boon est plutôt convainquant, il semble parfois s’excuser d’être le personnage principal d’un tel projet.
Mineur, donc.

LE RUBAN BLANC – 7/10

 
Le Ruban blanc
 
Synopsis : Un village protestant de l’Allemagne du Nord à la veille de la Première Guerre mondiale (1913/1914). L’histoire d’enfants et d’adolescents d’une chorale dirigée par l’instituteur du village et celle de leurs familles : le baron, le régisseur du domaine, le pasteur, le médecin, la sage-femme, les paysans… D’étranges accidents surviennent et prennent peu à peu le caractère d’un rituel punitif. Qui se cache derrière tout cela ?
 
Avis : Œuvre dense, intense, tendue, le ruban blanc parson originalité et son parti pris exigeant force le respect.
Haneke distille un parfum angoissant, presque suffocant à cette communauté, joue avec les ellipses et les non-dits et magnifie son récit d’un fascinant et angoissant noir et blanc. Cette image sobre et travaillée appuie les regards (inquiétants) et offre une esthétique glacée et redoutable à ce berceau de violence, qui flirte en permanence avec le thriller surnaturel. Et il s’appuie sur ce paysage et ce village hors du temps pour filmer de longs plans séquences et des gros plans sur ses acteurs, tous admirables, même les enfants. Les dialogues, rares et secs, participent également à la création de l’ambiance anxiogène
Comme à son habitude, Haneke laisse son spectateur le soin de faire sa propre analyse et se garde bien toute explication de texte (le genèse du mal ? la condamnation de tout système réactionnaire ?….)
Reste que Le ruban blanc n’est pas une partie de plaisir, sa rigueur exige de son spectateur une attention non feinte et l’acceptation de ne pas forcément disposer de toute les clefs pour comprendre cette œuvre belle et ardue. J’ai pour ma part décroché 2/3 fois pendant le film…

THE DESCENT 2 – 6/10

 

The Descent : Part 2

 
Synopsis : Rescapée de l’expédition spéléologique de " The Descent ", Sarah émerge seule des grottes des Appalaches, traumatisée par les événements. 24 heures plus tard, le shérif local l’oblige à redescendre sous terre afin de guider l’équipe de secours qui cherche désespérément ses cinq amies disparues. Alors que le groupe s’enfonce dans les profondeurs, Sarah commence à réaliser toute l’horreur de cette mission.
Le danger qui les guette, tapi dans les ténèbres de la grotte, est encore plus féroce que celui auquel Sarah a survécu…
 
Avis : Suite directe du numéro 1 qui m’avait moyennant emballé, ce deuxième opus est plus franc, plus direct, joue sur les peurs primales et un sentiment claustro de façon encore plus appuyée. La grande faiblesse du 1 était un casting catastrophique qui limitait la portée horrifique en flirtant avec le grotesque. Cette fois-ci le film ne tombe pas dans l’écueil, on se prend une bonne grande frousse dans la tronche. Bon.

MADEMOISELLE CHAMBON – 6,5/10

Mademoiselle Chambon

 

Synopsis : Jean est quelqu’un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l’institutrice de son fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d’un monde différent. Ils vont être dépassés par l’évidence des sentiments.

Avis : Sur une trame à la mode, la tentation impromptue de l’adultère (Partir, Les regrets…), le film de Brizé choisi de traiter le sujet le moins passionnellement possible. Il joue d’une précieuse économie de mots et se repose sur un couple d’acteurs solaires, d’autant plus captivant que Lindon et Kiberlain furent ensemble « à la ville ». Cela ajoute au film une petite dimension légèrement voyeuriste, mais renforce la tension toute retenue autour du couple. C’est simple et limpide, sans effets, franc, honnête et franchement prenant.

DEMINEURS – 6/10

Démineurs

 
Synopsis : Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l’US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore… explosive.
 
Avis : Le film de offre une plongée ultra-réaliste dans le quotidien des démineurs américains en Irak.
Un peu long et parfois répétitif, Démineurs a le mérite de placer le spectateur au cœur de l’action et de faire ressentir avec une intensité rare au cinéma la tension et le stress qui accompagne les soldats sur le terrain.
S’il n’apporte rien de nouveau sur la compréhension du conflit, il lui donne un nouvel angle réaliste et violent, une immersion au plus prêt des évènements.
Démineurs vaut essentiellement pour les claques visuelles et émotionnelles qu’on reçoit à chaque mission, un peu moins pour l’impact que cette guerre peut avoir sur la psychologie des soldats.

FUNNY PEOPLE – 6,5/10

Réalisé par Judd Apatow

Funny People

Synopsis : Dans le monde du stand-up, un comédien se retrouve dans un état de mort imminente…

Avis : Apatow en choisissant un angle plus dramatique que pour ses précédentes (excellentes) réalisations, perd en humour potache ce qu’il gagne en profondeur et en cynisme. Et c’est pas mal du tout. Il prend son temps pour (im)poser ses personnages, principaux et secondaires, décrire leurs travers, installer leur univers, leur langage, ce qui fait que si le film peut paraître un peu long, on ne s’ennuie pas. Le couple phare Sandler (parfait) / Rogen fonctionne immédiatement et est soutenu par des personnages secondaires toujours justes. Et c’est assez paradoxal, Funny People accède à une certaine subtilité (irai-je jusqu’à finesse ?) tout en battant le record du nombre d’emploi du mot « dick » dans un même film. Un sorte d’exploit.

 

500 JOURS ENSEMBLE- 7/10

Réalisé par Marc Webb

 

(500) jours ensemble

Synopsis : Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n’est pas du tout le cas de Summer. Cela n’empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée.
Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d’une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine ? mais pas sans espoir. Alors que l’histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l’amour… Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.
 
Avis : Un très joli film, malin, subtil et bien foutu. Les allers retours dans cette relation amoureuse  compliquée (compliqué car amoureuse, non ?) sont parfaitement maitrisés et nous ballade agréablement dans cette romance contrariée, au rythme d’une bande son séduisante (et pas prétentieuse, rare pour un film US indé). Les deux personnages principaux sont d’une grande vérité et délivre quelque chose d’universel, que l’on se place du côté des idéalistes ou des fatalistes de l’amour. Des sourires donc, des battements de cœur, quelques effets aériens (ralentis, pellicule crayonnée, et une formidable scène chorégraphiée, symbole de l’euphorie de Tom, aussitôt douchée par un bond en avant d’une centaine de jours) animent cette histoire de non-amour (ou quelque chose dans le genre)
Oui, charmant, vraiment.