LA DOUBLURE – 6/10

Réalisé par Francis Veber

Avec Gad Elmaleh, Daniel Auteuil, Alice Taglioni, Kristin Scott Thomas

 
Synopsis : Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, un top model superbe, le milliardaire Pierre Levasseur tente d’éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo, d’un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu’Eléna n’est pas avec lui, mais avec Pignon.
Pignon est voiturier. C’est un petit homme modeste. Levasseur, pour accréditer son mensonge, est obligé d’envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon. Elena chez Pignon, c’est un oiseau de paradis dans un H.L.M. Et aussi une mine de situations.
 
Avis : Une comédie inoffensive mais efficace. La belle mécanique Veber fonctionne. De nombreuses répliques font mouche, malgré quelques baisses de rythme. La faute sans doute à un scénario un peu léger et improbable, mais surtout à une grosse erreur de casting. Gad Elmaleh en Pignon, ça ne fonctionne pas du tout. Il apparaït un peu perdu, et surtout bridé dans son expression (Et pourtant, Dieu sait que je suis fan de son dernier spectacle – comme tout le monde me direz-vous). En revanche le reste du cast est parfait, en particulier la révélation Alice Taglioni, d’une grande justesse en plus d’être très belle… Dany Boon est très bon, Berry et Auteuil impec’, le duo Aumont / Jonaz très drôle, Ledoyen bien, et bien sûr Dame Kristin, toujours la grande classe. C’est particulièrement agréable de la voir dans ce rôle de peste. (au cas où vous n’auriez pas compris, je suis un grand admirateur de Kristin Scott Thomas)
Bref, sympa mais sans surprise.

ROMANZO CRIMINALE 7/10

 
Synopsis : 1975. Le Libanais a un rêve : conquérir Rome. Pour réaliser cette entreprise sans précédent, il met en place une organisation criminelle sans pitié. Pendant 25 ans elle se développera et son histoire sera indubitablement liée à la période la plus noire que l’Italie ait connue ces années-là : terrorisme, enlèvements et corruption au plus haut niveau politique.
L’inspecteur Scialoia ne cessera de traquer cette organisation, tout en conquérant le coeur de Patricia, la femme de l’un d’entre eux.
 
Avis : Une fresque dense, âpre, noire et sans temps mort (mais avec beaucoup de cadavres…). Un modèle de film de gansters, où l’amitié est mise à mal par la cupidité, la recherche du pouvoir. La complexité du contexte politique de l’époque ainsi que les nombreux parsonnages (certains manquant un peu d’eclairage) rendent toutefois quelques passages un peu obscurs. Malgré tout, la réalisation sobre et efficace, la reconstitution impeccable, le scénario solide et le casting de gueule et l’interpretation à la hauteur font de Romanzo Criminale un très bon film de genre.
 
 
 
 

MEMOIRES D’UNE GEISHA – 6,5/10

 

Synopsis : Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, Chiyo, une petite fille japonaise, est arrachée à sa famille pauvre pour aller travailler comme servante dans une maison de geishas.
En grandissant, elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Elle triomphe des pièges que lui tend sa rivale, la fourbe Hatsumomo et devient, après des années de travail, la légendaire geisha Sayuri.
Très belle, épanouie dans son art, Sayuri fascine les hommes les plus puissants. Mais celle qui n’a plus le droit d’aimer reste hantée par l’amour qu’elle porte, en secret, au seul homme qu’elle ne peut atteindre…

 
Avis : Un film aux qualités esthétiques bien au dessus de la moyenne. Rob Marshall confime après Chicago toutes ses excellentes dispositions à réaliser de magnifiques tableaux et un sens de la mise en scène remarquable. Geisha est d’une rare élégance. Malheureusement, l’histoire elle-même souffre de se concentrer quasi exclusivement sur les relations de pouvoir et de jalousie entre les Geishas, mettant de côté l’évocation de la dimension socio-culturelle qu’elles pouvaient occuper à l’époque et ne faisant que survoler le contexte poltique. En se concentrant sur les histoires de fillasse, le scénario nous frustre un peu et à tendance à ennuyer. De plus, faire jouer des acteurs chinois en anglais pour interpréter des japonais est assez étrange. Cela dit, on assiste aussi à l’affrontement des meilleures actrices chinoises du moment. Mention à Gong Li, parfaite en Geisha veillissante, frustrée et jalouse. On apprécie auss la classe de Michelle Yeohet la beauté pure de Zang Ziyi.

DU JOUR AU LENDEMAIN – 4/10

 
Synopsis  : La vie est bien ingrate pour François Berthier : un chien hurle toute la nuit et l’empêche de dormir, la machine a café lui explose au visage, il pleut, le chef de bureau à la banque l’humilie et le menace de renvoi.
Et puis, du jour au lendemain, tout ce qui était violent ou pénible pour François se transforme comme par miracle.
Que se passe-t-il ? Pourquoi le monde devient-il si brusquement doux et enchanteur ? C’est l’énigme que va essayer de résoudre François.
Mais il ne suffit pas que les choses se passent bien, encore faut-il les accepter…
 
Avis : Je me demandais avec curiosité comment construire un film à partir d’un point de départ si simpliste… Et ben, on peut pas… L’histoire tourne en rond et nous avec, on se demande où le réalisateur veut en venir. Les acteurs donnent l’impression de ne pas du tout y croire. Difficile d’interesser avec un sujet si vain et improbable.

RENAISSANCE – 5/10

 
Synopsis : 2054. Dans un Paris labyrinthique où chaque fait et geste est contrôlé et filmé, Ilona Tasuiev, une jeune scientifique jalousée par tous pour sa beauté et son intelligence, est kidnappée. Avalon, l’entreprise qui emploie Ilona, fait pression sur Karas, un policier controversé, spécialisé dans les affaires d’enlèvement, pour retrouver au plus vite la disparue.
Karas sent rapidement une présence dans son sillage. Il n’est pas seul sur les traces d’Ilona et ses poursuivants semblent prêts à tout pour le devancer.
Retrouver Ilona devient vital : la jeune femme est l’enjeu d’une guerre occulte qui la dépasse. Elle est la clef d’un protocole mettant en cause le futur du genre humain. Le protocole Renaissance…
 
Avis : S’il faut louer l’entreprise, et le fait qu’en terme de technologie un studio français peut aujourd’hui rivaliser avec les ricains, les prouesses techniques ne suffisent pas à faire un bon film. Renaissance est un bijou soporiphique… Bijou car ce noir et blanc – joli Paris 2054 – est très classieux (même si nettement moins que Sin City), mais soporifique car il cumule plusieurs défaut. Déjà celui des ses qualités : l’animation est certes remarquable, mais en même temps épuisante, car avec seulement deux couleurs, il est difficile de distinguer les nuances et l’oeil à du mal à s’habituer, ce qui donne un résultat confus. Mais c’est surtout d’un point de vue scénaristique que le bas blesse. L’histoire est banale, le rythme laborieux et les dialogues affligeants. Bref, la forme sans le fond, c’est quand même très ennuyeux.

PETITES CONFIDENCES – 6,5/10

Synopsis : Une psy de 60 ans apprend qu’une de ses patientes de 40 ans sort avec un jeune homme de 20 ans. Jusque-là, rien à redire, jusqu’au jour où… la psy en question réalise que le jeune homme est… son propre fils !
Arrivera-t-elle à rester objective et professionnelle en apprenant des détails sur la vie privée de son fils ?

 
Avis : Une jolie petite comédie romantique bien faite, évitant habilement les poncifs du genre. Drôle et intelligente. On passe un très agréable moment.

L’AFFAIRE JOSEY AIMES – 6,5/10

 
Synopsis : Divorcée, mère de deux jeunes enfants, Josey Aimes a regagné sa bourgade natale du Minnesota à la recherche d’un emploi. Un seul débouché s’offre à elle : la mine.
Malheureusement, la mine est un fief masculin, où les rares femmes s’exposent à la méfiance, voire à l’hostilité, d’un certain nombre de mineurs qui jugent qu’elles n’y ont pas leur place.
Josey se trouve donc en butte à la malveillance des "fortes têtes", à leurs plaisanteries d’un goût douteux, à leurs insinuations salaces, à leur manoeuvres de harcèlement, qui lui deviennent vite intolérables. Mais personne ne veut entendre ses protestations.
Josey est invitée à garder le silence… Mais les incidents se multiplient, et le pression monte de jour en jour, jusqu’à ce que la jeune femme tente l’impensable : porter l’affaire devant la justice…
 
Avis : Une sortie très à propos alors que l’on célebre la journée de la femme. (Elles doivent d’ailleurs être ravie d’avoir une journée et de nous laisser les 364 autres…). Cela mis à part, le film s’articule autour d’une structure simple, mais efficace. Les courtes scènes de procès nous ramène à la vie de Josey et son calvaire à la mine, lieu hautement machiste, où la présence féminine est subi eet rejetée par la majorité masculine. Jusqu’aux dernières scènes, celles qui amènent le dénouement et le verdict, l’ensemble est bien maitrisé, assez factuel, émouvant sans être larmoyant, brut et réaliste. En revanche, la fin, et notamment le retournement de l’opinion, à commencer par le père de Josey, est trop brutal pour être crédible, et le film opte alors malheureusement pour les mauvais reflexes hollywoodiens, appuyant les effets (musique, yeux humides, et – le pire- les gens qui se lèvent les uns après les autres pour la soutenir).
Malgré cette fin à mon sens ratée, le film vaut le détour, ne serait-ce que pour le thème, très bien traité dan sa plus large partie, mais surtout par son intérprétation magistrale. Charlize Theron confirme qu’elle n’a pas besoin de prendre 20 kilos et de s’enlaidir pour être une formidable interpète ( c’est pas parce qu’elle l’a déjà eu une fois qu’elle ne peut pas avoir un second oscar, Reese Whiterspon est très mignonne dans Walk The line, mais quand même, y’a pas photo…). Et elle est remarquablement entourée, notamment par la toujours parfaite Frances Mc DOrmand.