STAR WARS : L’ASCENSION DE SKYWALKER – 10/20

Star Wars: L'Ascension de Skywalker : AfficheDe J.J. Abrams
Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Oscar Isaac

Chronique : La saga Skywalker s’achève laborieusement avec l’ultime chapitre d’une trilogie malade des visions contradictoires des auteurs qui se sont succédés à la barre du navire Star Wars. Un navire qui aura beaucoup trop tangué depuis l’imparfait mais prometteur Réveil de la Force de J.J. Abrams . Appelé en catastrophe à la rescousse par Disney pour sauver ce qu’il pouvait après le joyeux bordel foutu par Rian Johnson avec Les Derniers Jedi (voir critique ici) et le renvoi de Colin Trevorrow du projet, JJ Abrams tente de limiter la casse. Or s’il est un bon faiseur qui sait s’approprier les codes et les histoires d’autres cinéastes (comme il l’a prouvé avec Le Réveil de la Force ou le premier Star Trek), il a un talent créatif limité pour donner de la personnalité et de la singularité à ses projets. L’Ascension des Skywalker, confirme ses limites, sa mise en scène spectaculaire ne parvenant jamais à compenser les faiblesses d’un scénario fourre-tout et bancal, gavé jusqu’à l’écœurement d’un fan service absurde qui donne benoîtement réponse à tout.
Passons sur les invraisemblances et les heureuses coïncidences, après tout Star Wars reste un Space Opera, le réalisme n’est pas ce qu’on en regarde en premier lieu, mais on était en droit d’attendre plus de consistance au niveau des nouvelles intrigues et des connexions avec les précédents films.
Après Les Derniers Jedi, on se doutait que les origines de Rey reviendrait au cœur du récit, mais à vouloir à la fois faire plaisir aux fans de la première heure et garder un minimum de cohérence avec ce qui a été dit précédemment, L’Ascension de Skylwaker prive Rey d’une dramaturgie autre qu’artificielle. Cette révélation tant attendue est par conséquent insatisfaisante d’autant plus qu’elle repose sur un scénario mécanique et des dialogues d’une telle indigence qu’on souffre parfois pour les acteurs qui doivent les prononcer (on espère sincèrement que Domhnall Gleeson s’en remettra).
Surtout, jamais la nouvelle trilogie n’aura réussi à imposer ses nouveaux personnages, à créer des icônes pour les nouvelles générations. On s’intéresse poliment aux destins de Rey et Kylo Ren et c’est à peine si on remarque Poe et Finn, pourtant présentés initialement comme des protagonistes majeurs du récit. En réalité, après 3 épisodes et plus de 7 heures de films, Star Wars ne sait toujours pas comment se dépêtrer de ses deux mythologies, l’ancienne et la nouvelle. Ses auteurs successifs n’ont jamais réussi à faire sortir ses nouveaux visages de l’ombre des figures qu’étaient Han, Luke et Leila. En partant chacun dans des directions diamétralement opposées, ils ont même renforcé le problème, que L’Ascension des Skywalker est incapable de résoudre.
Le grand final, la conclusion à laquelle on nous préparait depuis 3 films, fait en soit une bonne fin. Le message est fort mais si affreusement amené qu’il échoue à provoquer la moindre émotion, la moindre connexion avec ce qui se passe à l’écran. Il aurait fallu que cet épilogue eut été construit dès les première minutes du Réveil de la Force, travaillé tout au long des Derniers Jedi et asséné logiquement à la fin de l’Ascension des Skywalker, et pas bricolé à la va vite pour être expédié lors des 15 dernières minutes….
Reste un divertissement joliment empaqueté, impressionnant mais jamais épique, devant lequel on ne s’embête pas, mais on ne s’emballe pas non plus.
Il ne manque pas de coffre, mais de cœur, à part lorsqu’il nous offre un au revoir digne et tendre à Carrie Fisher.
Il restera quand même de ce film et des 2 opus qui l’ont précédés un sacré sentiment de gâchis, et un clou de plus planté dans le cercueil de la pop culture…

Synopsis : La conclusion de la saga Skywalker. De nouvelles légendes vont naître dans cette bataille épique pour la liberté.

A COUTEAUX TIRÉS – 07/20

À couteaux tirés : AfficheDe Rian Johnson
Avec Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas

Chronique : L’affiche, le pitch, les première minutes introductives ludiques et accrocheuses, tout laissait penser qu’avec A couteaux tirés nous étions en présence d’un bon vieux polar à l’ancienne, au charme suranné mais réconfortant des romans d’Agatha Christie et ses multiples rebondissements. Mais qui donc a tué Harlan Thrombey ? C’est malheureux, mais n’espérez pas vous faire surprendre par la réponse, Rian Johnson élimine bien vite tout suspense en révélant très tôt le coupable et se moquant avec cynisme du genre qu’il faisait mine d’emprunter (un peu comme il s’est moqué de la mythologie Star Wars dans Les Derniers Jedi). Oubliez alors le prometteur whodunit et l’amusant jeu de dupe qu’on était en droit d’attendre, il faut se contenter de suivre l’enquête aussi ennuyeuse que prévisible du détective Benoit Blanc (Daniel Craig, à pommettes tirées). Le scénario se concentre sur un arc simpliste gonflé artificiellement par un humour téléphoné plutôt que de travailler sur ses nombreux personnages et des intrigues complémentaires qui stimuleraient la curiosité de ses spectateurs avec des twists déroutants (qu’on guette souvent, en vain) et des révélations.
Un beau gâchis au regard de l’aguicheuses présentation de tous les protagonistes façon Cluedo et de la formidables brochettes d’acteurs qui les incarnent. Hélas, la plupart n’ont plus rien à jouer (ou à cacher) au bout d’une quinzaine de minutes. Un beau foutage de gueule dont on ne sauvera que la prestation de Ana de Armas, une jolie révélation. Et si vous recherchez l’allégorie sur la lutte des classes et la satire sociale, ne comptez pas trop sur A Couteaux Tirés, mais revoyez plutôt Godsford Park.

Synopsis : Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L’esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoit Blanc est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Mais entre la famille d’Harlan qui s’entre-déchire et son personnel qui lui reste dévoué, Blanc plonge dans les méandres d’une enquête mouvementée, mêlant mensonges et fausses pistes, où les rebondissements s’enchaînent à un rythme effréné jusqu’à la toute dernière minute.

LES FILLES DU DOCTEUR MARCH – 14/20

Les Filles du Docteur March : AfficheDe Greta Gerwig
Avec Saoirse Ronan, Emma Watson, Florence Pugh

Chronique : Cette cinquième adaptation du roman de Louisa May Alcott pourtant vieux de plus de 150 ans est une nouvelle démonstration de la modernité du cinéma de Greta Gerwig et de sa capacité à creuser avec délicatesse les aspirations et les tourments de ses personnages. Elle l’avait démontré dans le réjouissant Lady Bird, son premier film en tant que réalisatrice, ou encore dans le très contemporain Frances Ha dont elle a écrit le scénario et qu’elle interprétait devant la caméra de son compagnon Noah Baumbach (qui vient de sortir le superbe Marriage Story sur Netflix). Elle ne perd rien de sa précision en passant au film en costume, tout juste flirte-t-elle parfois avec le mièvre, difficile de faire autrement avec cette histoire, mais elle le fait avec beaucoup de goût et une bienveillance réconfortante. Si elle ne révolutionne pas la récit original, elle parvient tout de même à insuffler un rythme soutenu en l’éclatant sur deux périodes qui se répondent constamment. Sa mise en scène est simple et élégante comme les tenues des filles March et aspire à illustrer la condition féminine au 19ème siècle tout en rapprochant les destins trépidants de ses héroïnes avec les combats féministes actuels.
Mais c’est réellement la direction d’acteurs de Gerwig qui transcende son adaptation. Un casting stellaire dominé par l’éblouissante Saoirse Ronan (un film avec Saoirse Ronan ne peut de toute façon pas être un mauvais film). Elle campe une Jo intense, déterminée et lumineuse. A ses côté, Florence Pugh, révélée avec fracas dans The Young Lady, s’avère être une Amy tout aussi fantastique, à la répartie piquante et la naïveté touchante. Emma Watson, plus en retrait mais tout aussi juste, Meryl Streep, Timothée Chamalet,, Louis Garrel sont au diapason et Laura Dern, dans un registre tout en douceur qui tranche avec ses derniers rôles, rappelle quelle immense actrice elle est.
Ces comédiennes et comédiens apportent fraîcheur et vie à cette fresque romantique, positive et enlevée, très joliment servie par la musique d’Alexandre Desplat.

Synopsis : Une nouvelle adaptation du classique de Louisa May Alcott, narrant l’histoire de quatre filles de la classe moyenne durant la Guerre de Sécession.

MARRIAGE STORY – 16/20

Marriage Story : AfficheDe Noah Baumbach
Avec Adam Driver, Scarlett Johansson, Laura Dern

Chronique : Absolument déchirant parce que tellement banal, Marriage Story illustre magistralement l’engrenage dévastateur qui pousse un couple à se déchirer lorsque le divorce devient l’unique voie possible, la résolution à l’amiable n’étant plus une option quand la garde d’un enfant en est l’enjeu majeur.
Après les promesses d’une sortie par le haut, en adulte, ce sont les rancœurs qui rejaillissent, les non-dits qui éclatent avec une violence dont aucun des deux ne se savaient capables. Exacerbée par le cynisme et le bagou d’avocats pour qui les futurs ex-époux sont des proies vulnérables, la situation s’envenime au rythme des coups bas et des attaques plus ou moins loyales. L’amour se délite sous nos yeux et se transforme en quelque chose d’assez moche. On pense atteindre un point de non-retour, jusqu’à ce que la guerre passe, que chacun compte ses points et panse ses plaies, l’acrimonie s’estompe et le cours de la vie reprend…
Baumbach saisit chaque étape de ce brutal et douloureux processus avec une justesse sidérante. Sa mise en scène simple use de grands angles pour capter le drame et la bouffée d’humanité qui l’entoure et filme en gros plans pour fixer sur nos rétines des visages bouleversés et bouleversants.
Minutieusement écrit, comme cette introduction accrocheuse, tendre et profondément touchante avant que l’orage n’éclate, Marriage Story démontre encore l’incroyable facilité qu’à Noah Baumbach à appréhender les rapports humains et à traduire les moments pivots d’une vie. Rien n’est jamais simple quand il s’agit de sentiments. Les scènes s’enchaînent parfaitement, rythmées, sensées, éclairées de sens. Les dialogues sont précis, ciselés et offrent de grands moments, comme ces joutes verbales explosives et savoureuses entre avocats. En passant Laura Dern vole chacune de ses scènes, elle est fascinante et ferait presque passer les prestations de Scarlett Johansson et Adam Driver au second plan. Et pourtant… Les deux acteurs sont désarmants de naturel, brillants de bout en bout. Leur grande scène d’explication est un modèle de montée en tension, de rage, de ressentiment aveugle, d’insultes crasses, où chacun pense être dans son bon droit et ne veut pas comprendre les arguments de l’autre. Quand ils ne jouent pas dans l’espace avec un sabre ou une lance, ce sont des putains d’acteurs …
Marriage Story est un évident candidat aux Oscars (il a en tout cas une place garantie dans mon top annuel), tant il évite le pathos pour se concentrer sur l’essentiel, avec une délicatesse, un cœur et une exactitude à aucun moment démentis. C’est vivant, ça fait mal et ça fait du bien. Un grand petit film.

Synopsis : Un metteur en scène et sa femme, comédienne, se débattent dans un divorce exténuant qui les pousse à des extrêmes…

LE LAC AUX OIES SAUVAGES – 11/20

Le Lac aux oies sauvages : AfficheDe Diao Yinan
Avec Hu Ge, Gwei Lun Mei, Liao Fan

Chronique : Polar âpre mais sophistiqué, Le Lac aux Oies Sauvages offre, à travers la traque d’un chef de gang fugitif, une vision assez terrible de la Chine et de la violence qui y règne, bien loin de l’image que le pouvoir en place souhaite donner. Diao Yinan impose un style foisonnant, riche de détails et d’idées de mise en scène très pensées.
Tourné principalement de nuit, Le Lac offre de superbes tableaux baignés dans des lumières artificiels. La minutie apportée à l’élaboration des plans et à l’éclairage au néon imprègne le film d’atmosphères très signifiantes, que ce soit par son appréhension de l’espace, la saturation des couleurs (rouge, bleu, vert…) mais surtout son travail sur le son, omniprésent.
Cette mise en scène à la fois flamboyante et sensorielle s’exprime également dans la représentation de la chasse à l’homme, en particulier à travers des plans séquences complexes tournés dans un dédale de rues et d’appartements. Ils sont entrecoupés de fulgurances de violence brutes et soudaines.
Mais cette démonstration formelle se fait souvent au détriment du sens. Sans doute mon œil européen ne saisit-il pas tous les codes du polar chinois, mais Diao Yinan nous perd rapidement dans la narration et finit par lasser. L’intrigue en soit n’est pas passionnante et pas d’une grande clarté, surtout quand il faut démêler les jeux d’influence au cœur de la guerre des gangs à qui la police elle-même est assimilée. Le jeu peu expressif des acteurs n’aide pas beaucoup non plus.
Le Lac des Oies Sauvages est un bel effort esthétique de la part d’un réalisateur faiseur et un poil poseur, mais compliqué à appréhender. Il est conséquent difficile d’y adhérer totalement.

Synopsis : Un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Ensemble, ils décident de jouer une dernière fois avec leur destin.

JUMANJI : NEXT LEVEL – 13/20

Jumanji: next level : AfficheDe Jake Kasdan
Avec Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart

Chronique : Le reboot du film culte porté par Robin Williams avait tout du sacrilège, et pourtant Jumanji – Bienvenue dans la Jungle fut une surprise aussi bien par l’ampleur de son succès que par ses qualités de très bon divertissement familial parvenant à réinventer avec humour et énergie l’original.
On ne voyait pas bien comment le concept pouvait se renouveler (il ne le fait d’ailleurs pas vraiment) mais Next Level fonctionne étrangement au moins aussi bien que le premier.
Son scénario pas toujours très fin mais à la simplicité assumée et les sympathiques surprises qu’il réserve lui permettent surtout de capitaliser à fond sur le principe des avatars. Cela permet à une bande d’acteurs visiblement ravis de se retrouver d’approfondir un terrain de jeu quasi illimité. Le body swamp est plus que jamais au cœur du film, multipliant les possibilités du « qui joue qui ». De fait, Next Level penche clairement du côté de comédie, d’autant plus qu’il bénéficie de l’apport d’un génial Danny De Vito qui impose en moins de trois minutes un personnage que Dwayne Johnson, tout aussi hilarant, se régale à singer une fois que le vieux monsieur se retrouve dans le corps du Docteur Bravestone. Mais tous sont, à leur niveau, excellent, en particulier Kevin Hart, plus sobre mais aux mimiques désopilantes et Jack Black, à l’énergie toujours aussi communicative. Ils ont tous leur moment, ce qui participe à donner à l’ensemble une homogénéité garante de la réussite du film.
L’aventure est au second plan mais très correctement exécutée.
On rit beaucoup et de bon cœur, certains passages nous rappellent les films d’aventures de notre enfance. Jumanji : Next Level est à la fois Ludique et entraînant, une réelle réussite si on le prend pour ce qu’il est.

Synopsis : L’équipe est de retour mais le jeu a changé. Alors qu’ils retournent dans Jumanji pour secourir l’un des leurs, ils découvrent un monde totalement inattendu. Des déserts arides aux montagnes enneigées, les joueurs vont devoir braver des espaces inconnus et inexplorés, afin de sortir du jeu le plus dangereux du monde.

THE IRISHMAN – 15/20

The Irishman : AfficheDe Martin Scorsese
Avec Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci

Chronique : C’est donc sur son écran de télévision ou son vidéo-projecteur pour les mieux équipés que le commun des mortels a pu découvrir le dernier grand film de Martin Scorsese. En faisant appel aux grandes figures d’antan, aux monstres sacrés que sont De Niro, Al Pacino et Joe Pesci, le maître invoque un passé mythique, un âge d’or en passe d’être révolu et c’est bien de ça dont il s’agit avec The Irishman. Il déploie une fresque inédite dans son ton, assez minimaliste dans sa manière de raconter l’histoire de Frank Sheeran et son évolution dans la pègre américaine. Le temps passe lentement, sans réel coup d’éclat, jusqu’à ce qu’il rattrape ses protagonistes. On est assez loin des polars mafieux flamboyants et frénétiques qui ont construit la légende du réalisateur new-yorkais (Mean Streets, Les Affranchis, Casino…).
Il laisse de côté les mythes et le glamour qui entourent souvent le crime organisé pour une étude plus terre à terre, plus humaine, parfois pathétique dans ses petites combines et ses destins sans panache, comme celui de Frank. Il s’agit plus de résignation que d’ambition, de parcours subits plus que hors du commun. L’émergence de Jimmy Hoffa, patron syndicaliste surpuissant va faire épouser à The Irishman les contours historiques des Etats-Unis, comme autant de repères dans ce patchwork temporel.
La réalisation de Scorsese est évidemment irréprochable, misant beaucoup sur des dialogues semblant avoir été écrits sur mesure pour ses acteurs. Pacino domine une distribution étincelante, le duo Pesci – De Niro en tête, tous campant brillamment ces personnages troubles et corrompus. L’alchimie est flagrante et The Irishman repose pleinement sur leurs interactions, les services qu’ils se rendent, l’estime qu’ils se portent, les égos qu’ils ménagent (ou pas). Le rajeunissement numérique fait au passage des miracles sur les visages des comédiens, mais donne un résultat étrange lorsqu’il s’agit de les voir se déplacer. Malgré son regard de jeune homme des années 60, De Niro ne peut camoufler une démarche de vieux monsieur. C’est un détail, et la richesse d’une mise en scène illustrative fait rapidement oublier cet écueil. On pense aux scénettes venant couvrir les longs échanges entre les personnages, tantôt amusantes, tantôt brutales, aux panneaux accompagnant la présentation de chaque personnages annexes et annonçant la date et le modus operandi de sa mort. Le réalisateur fait passer son message, la mort attend chacun d’eux. Et la dernière heure de Irishman est en ce sens saisissante, magistrale et mélancolique. Elle égrène les derniers moments de ces figures titubantes et annonce leur inéluctable crépuscule, la fin des géants, la fin d’un monde.

En guise de post scriptum, comment ne pas évoquer le fait que le film ne soit disponible que sur Netflix. Certes il est long, mais ce n’est pas le problème dans la mesure où il est remarquablement bien tenu, Scorsese ne laissant quasiment pas de gras autour de son récit et réussissant à éviter les longueurs. Mais s’offrir The Irishman dans son salon, c’est le risque de perdre sa concentration, d’être sollicité par tant d’éléments perturbateurs dont le sanctuaire d’une salle de cinéma nous préserve. La perception de l’œuvre est forcément biaisée. Mais on a beaucoup aimé quand même.

Synopsis : Cette saga sur le crime organisé dans l’Amérique de l’après-guerre est racontée du point de vue de Frank Sheeran, un ancien soldat de la Seconde Guerre mondiale devenu escroc et tueur à gages ayant travaillé aux côtés de quelques-unes des plus grandes figures du 20e siècle. Couvrant plusieurs décennies, le film relate l’un des mystères insondables de l’histoire des États-Unis : la disparition du légendaire dirigeant syndicaliste Jimmy Hoffa. Il offre également une plongée monumentale dans les arcanes de la mafia en révélant ses rouages, ses luttes internes et ses liens avec le monde politique.